Marina l’exploratrice

par Marina

Portrait de Marina En 2002, une forme rare de leucémie aigue m’a fait entrer dans un essai thérapeutique. Mon médecin m'a dit : "Je ne sais pas combien de temps le traitement va marcher, un an, deux ans, cinq ans... Vous êtes une exploratrice." Cela fera sept ans cet été. Sept ans que j'explore la maladie et ses conséquences. Je suis engagée dans des associations depuis quatre ans. Mon espoir : voir la société évoluer vers une meilleure prise en charge des patients afin qu'un jour la maladie ne soit plus qu'un chapitre dans le roman de la vie.

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C'est la rentrée

Qui peut m'aimer ?

Qui peut m’aimer ?
J’ai 31 ans et depuis trois ans j’ai la vie sauve grâce à un traitement anticancéreux révolutionnaire. J’ai un petit enfant mais je n’en aurai pas d’autres. Je me sépare de mon conjoint et je n’ai aucune situation, d’ailleurs je viens de passer en invalidité. Je sais aussi que je ne pourrais plus emprunter ; je suis juste un peu grillée coté banques et assurances.
J’ai 31 ans et je me dis que je suis la femme idéale. Cette pensée me fait exploser : en rire et en larmes.

Comme une piqure de rappel

Amis de la CRAMIF, bonjour.

Comme tout le monde, j’ai besoin de travailler. Ma pension d’invalidité étant faible, j’ai aussi besoin de la garder. Au moins le temps d’avoir une rémunération suffisante pour vivre. Mais voila, je ne savais pas que le statut d’auto-entrepreneur allait poser problème…je viens donc de faire ma lettre, non pas au père noël mais à la CRAMIF, l’organisme qui attribue et verse cette pension.

Amis de la CRAMIF , bonjour.

Chaque homme est seul

« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte », j’ai toujours aimé cette phrase d’Albert Cohen.

Devinette brulante pour la journée mondiale anti-tabac

Qui a chanté ?
« L'amour c'est comme une cigarette
Ça brûle et ça monte à la tête
Quand on ne peut plus s'en passer
Tout ça s'envole en fumée.
L'amour c'est comme une cigarette
Ça flambe comme une allumette
Ça pique les yeux ça fait pleurer
Et ça s'envole en fumée. »

Voila, c’était ma contribution à la journée mondiale anti-tabac.

Il faut se laisser surprendre par la vie

Comme un samedi où ça me dit rien avec un rendez-vous manqué, un temps triste comme moi, aucune envie de travailler, j’avais prévu un diner le soir dans un restaurant Thaï où j’allais parfois avec petite Marie partie trop tôt. Alors, à la fin du repas lorsque le serveur est venu me demander si j’étais une amie de Mlle Marie et qu’il m’a présenté ses condoléances, mes larmes de crocodiles sont arrivées. Je suis partie du restaurant avec une autre amie en pleurant. Je ne sais pas ce qu’ont libéré ces larmes, mais juste après j’ai eu envie de rire, mais vraiment, je me sentais bien.

Ne me demandez plus d'être Patiente

Récit incisif d’une ablation de port-à-cath qui aurait du bien se passer si le chirurgien m’avait écoutée. Mais ça, je crois que pour l’écoute des patients, il va falloir les former les soignants, sinon la prochaine fois je prends un hameçon de pêcheur et je fais à qui le veux une ponction de moelle osseuse à la fléchette.

 

Vie et mort du P.A.C

Dit « port-à cath »
2003-2010

Cher Ami, Cher Paquito,

C’est avec regret que je dois t’apprendre que c’est la fin. Non pas la fin des haricots, mais la fin pour toi de ta présence dans mon corps. Et crois-moi, personne n’est resté aussi longtemps !
Presque 7 ans avec un P.A.C, beaucoup moins avec mon mari, Cher P.A.C, quel courage ! Quelle présence ! Et quel ennui aussi pour moi de voir cette cicatrice, cette boursouflure tous les jours. Encore une piqure de rappel.

Humains à l’extrême

Souvenir de séances de prévention dans un collège parisien, classe de 3ème.
Je viens présenter bénévolement La Ligue contre le Cancer et j’accompagne un médecin intervenant sur le soleil, l’alimentation, l’activité physique, l’alcool, le tabac, autant de facteurs de risques de cancer, j’interviens aussi sur le tabagisme. Lorsque je rappelle que plus de 50% des cancers pourraient être évités, 50% des élèves regardent leur S-aime-S. Je concluais souvent la séance en rappelant que la santé est un bien précieux, mais c’est souvent lorsqu’on la perd qu’on s’en rend compte.