En altérant le goût des aliments, les traitements anticancéreux ne favorisent guère l’appétit. Pas toujours évident non plus de trouver l’énergie pour se préparer de longues recettes. Le chef Olivier Chaput, qui a cuisiné pour sa compagne malade, connaît bien ces désagréments.  Il nous livre quelques astuces nées de son expérience pour retrouver le plaisir de manger.

 chef

 1- Choisissez fruits et légumes aqueux. La chimio peut provoquer un assèchement de la gorge. Aux personnes concernées, il est conseillé de s’orienter vers des fruits très riches en eau comme la pastèque et le melon. Sachez par ailleurs que l’endive en contient 94 % et la pomme 85 %. Au goût assez neutre et rafraîchissantes, elles  peuvent générer une vraie sensation de bien-être.

 

2- Mangez des soupes.  La maladie et les traitements fatiguent. Ceux qui n’ont pas envie de mastiquer peuvent s’orienter vers « des soupes à manger », dans l’esprit culinaire japonais. La marque Ariake par exemple propose des bouillons sans sel, sans gras, extrêmement naturels. C’est une base à laquelle on peut ajouter quelques miettes de viande hachée ou  de poisson, déjà cuits, ou quelques légumes vapeur. Cette combinaison s’avérera  nourrissante, et pour beaucoup agréable à consommer.

 

3- Utilisez un « Baby Cook ». L’avantage de cet appareil, destiné aux jeunes enfants est qu’il permet de cuire les légumes avec de la viande ou du poisson, sans matière grasse et de mixer le tout dans la foulée.  La viande ou le poisson, étant cuits et mixés en même temps que les légumes ont un goût moins prégnant, mais enrichissent nutritionnellement la purée. C’est un bon système surtout pour les malades qui n’arrivent pas à manger de protéines.Le bon dosage : un tiers de protéines pour deux tiers de légumes.

 

4 - Cuisez « rapido ».  Se faire à manger rapidement, pour ensuite très vite aller se reposer, c’est aussi le souhait de nombreux malades.  Des papillotes en silicone de la marque Mastrad  permettent de cuire  au micro ondes n’importe quel aliment en deux minutes chrono, de façon naturelle et sans matière grasse.

 

5- Préférez la nourriture froide. Un conseil pour les personnes qui ne supportent pas l’odeur des aliments. Si vous avez envie d’un filet de poisson mais en redoutez l’odeur, pensez par exemple à acheter chez votre poissonnier une terrine de poissons. Les ingrédients déjà cuisinés et refroidis apporteront les nutriments sans leur parfum.

 

6- Optez plutôt pour les épices. Le plus souvent, en temps de chimio, les aliments iodés n’ont pas la cote. Donc, à éviter d’une manière générale, l’ajout de sel dans les assiettes. (Si une personne désire saler son assiette, mieux vaut qu’elle utilise de la fleur de sel ou du sel rose, moins trafiqués et moins salants que le sel blanc). Avec un produit nature, légume cuit à la vapeur ou filet de poisson, essayez de remplacer le sel par une touche de curry ou de piment d’Espelette, une saveur qui peut vous faire voyager ou vous rappeler des souvenirs. D’autre part, pourquoi ne pas ajouter la fois suivante un filet d’huile d’olive, puis quelque temps plus tard une herbe, basilic ou coriandre. Chaque malade réagira différemment devant son assiette. L’important reste donc de faire des essais, et d’ajouter les ingrédients très progressivement. 

 

7-  Ayez des aliments énergétiques sous la main pour le jour où vous manquerez de force pour cuisinier.  Fruits secs (abricots, figues, dates, pruneaux), fruits à coques (noix, noisettes, amandes) et aussi des galettes de riz soufflé bio. Ceux qui supportent bien le pain peuvent s’orienter vers des pains spéciaux, aux céréales par exemple, plus riches nutritionnellement que le pain blanc.

 

8-  Grignotez ! Un malade doit essayer de re-goûter régulièrement les aliments qui ne lui faisaient plus envie, car son goût peut changer pendant la chimio. Le grignotage est tout à fait recommandé, car il permet de garder la notion de plaisir.

 

9- Composez de jolis plats. L’aspect des aliments influe très fortement sur notre désir de les manger. Des études en restauration ont montré que des assiettes contenant trois ou cinq couleurs différentes - toujours des chiffres impairs- semblaient plus appétissantes et joyeuses aux yeux des clients. Soignez donc vos assiettes, en ajoutant par exemple autour de légumes à la vapeur quelques dés de tomates et une herbe.

 

10- Prenez soin de l’ambiance de vos repas. « On retourne dans un restaurant pour la cuisine qui y est servie mais aussi parce qu’on s’y est senti bien. Une bonne atmosphère ne peut que favoriser l’appétit», souligne  Olivier Chaput. Alors à la maison, au moment des repas, pourquoi ne pas prendre une minute de plus pour allumer une bougie sans odeur ? Le repas est un moment important et, pour ne pas être baclé, il gagne vraiment à être « ritualisé ». 

 

Céline Roussel