A l’occasion  de la journée Mondiale contre le cancer, voici les derniers chiffres à connaître sur l’extension de la maladie. Ces statistiques permettent de mesurer le fléau, désormais prédominant dans les pays du Sud comme dans les pays développés. Où l’on apprend aussi que le nombre de guérisons va grandissant.

 

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Triste palmarès : la maladie cancéreuse constitue la première cause de mortalité sur la planète, et la deuxième cause de décès après les maladies cardio-vasculaires dans les pays développés.

Selon les dernières statistiques, qui datent de 2008 (1), cette situation se profile à l’identique dans les pays dits « à transition », c’est-à-dire à revenu intermédiaire comme ceux d'Amérique du Sud et d'Asie. Plus de la moitié des cas de cancer surviennent déjà dans des pays en développement.

Sur la période 2003-2007, le taux standardisé de mortalité à la population mondiale atteint 162,6 décès pour 100 000 hommes et 79,9 décès pour 100 000 femmes.

L'OMS estime que le cancer aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015 si « aucune mesure n’est prise ».

Les cancers du poumon, de l’estomac, du foie, du colon et du sein sont chaque année les plus meurtriers (2) mais la première place revient au cancer du poumon qui provoque le plus de décès et cette tendance devrait se maintenir jusqu'en 2030 à moins d'une intensification considérable des efforts de lutte antitabac. Certains, comme le cancer de la prostate, du sein ou du colon sont plus courants dans les pays développés, alors que ceux du foie, de l'estomac et du col de l'utérus touchent davantage les pays en développement.

 

En France :

357 700 nouveaux cas de cancers sont estimés pour l’année  2010 (3), (203 100 hommes et 154 600 femmes). Les cancers de la prostate chez l’homme (71 600 cas incidents) et du sein chez la femme (52 600 cas) sont les plus fréquents.  Viennent ensuite chez l’homme, les cancers du poumon et du côlon-rectum et chez la femme, les cancers du côlon-rectum et du poumon.

Plus de la moitié des cas estimés en 2010 (57,3 %) sont diagnostiqués chez les personnes âgées de 65 ans et plus . L’âge moyen au diagnostic n’est pas disponible pour 2010, mais en 2005 il était estimé à 67 ans chez l’homme et 64 ans chez la femme. 

Les évolutions récentes semblent un peu plus favorables pour l’homme que pour la femme (on note un ralentissement de la hausse de l’incidence et une baisse plus marquée de la mortalité chez l’homme).

Selon les données de projection, le nombre de décès par cancer en France  est estimé en 2010 à environ 146 500 (84 500 hommes et 62 000 femmes).

 

Des Guérisons aussi

Heureusement, l’étude Eurocare-4, une des plus grandes études épidémiologiques sur la survie des patients atteints de cancer, vient donner des statistiques encourageantes. Elle se fonde sur l’analyse des données concernant environ 150 millions de personnes, vivant dans 23 pays européens. Les données de la période allant de 1988 à 1990 ont été comparées à celles des années 1997 à 1999.

Reprise dans «l’  European Journal of Cancer » (4) elle montre qu’en l’espace d’une décennie, la proportion de patients guéris d’un cancer a progressé de manière significative en Europe : elle est par exemple passée de 6 à 8 % pour le cancer du poumon, de 15 à 18% pour celui de l’estomac et de 42 à  49% pour le cancer colorectal.

Au-delà de la progression du taux de guérison (sont considérés guéris les patients qui ont la même espérance de vie que les personnes qui n’ont pas eu de cancer), cette gigantesque analyse montre que la France est l’un des pays européens dans lequel on guérit le plus souvent d’un cancer.

C’est par exemple en France que les femmes guérissent le plus souvent, tous cancers confondus (taux de guérison de 59%). C’est aussi le pays dans lequel les taux de guérison du cancer du poumon (10%), du sein (73%) et de la prostate (60%) sont les plus élevés.

Ces bons résultats s’expliquent largement par l’existence de procédures de dépistage qui permettent de détecter un certain nombre de cancers à un stade précoce plus facile à traiter et à guérir.

La prochaine analyse des données épidémiologiques en France est prévue en 2012 et concernera des estimations pour la période 1980-2010. Espérons qu’elles confirmeront les effets encourageants du dépistage et d’une prise en charge au plus tôt.

 

Pascale SENK

 

 

1 Source OMS

2 Oms février 09

3 projections d’incidence et de mortalité par cancer en

France en 2010 à partir des données d’incidence observées dans les registres jusqu’en 2005 et

des données nationales de mortalité par cancer jusqu’en 2007 (HCL/InVS/INCa/

Francim/Inserm, 2010).

4 Avril 2008

 

 

Pour en savoir plus :

INCA  La situation du cancer en France en 2010 

 

 

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Commentaire : (1)

Portrait de aiglonne

C'est un état des lieux important avec beaucoup d'espoir mais en même temps c'est inquiétant.
Pourquoi n'y a-t-il aucune référence aux causes environnementales (hormis le tabac), les pesticides, insecticides, produits chimiques, nourriture, pollution, stress, société d econsommation ? les grands de ce monde ne veulent pas se poser cette question ? trop d'intêrets en jeu sans doute.
Je en remet pas en cause les progrès scientifiques puisqu'ils me permettent aujourd'hui d'augmenter mon esperance de vie mais quelque part j'ai peur.