L’Institut National du cancer (INCa) a publié aujourd’hui un rapport sur la survie des patients atteints de cancers en France. Bonne nouvelle : celle-ci s’améliore. Mais le vrai changement, c’est l’emploi du terme « guérison » pour qualifier les anciens malades.

Que trouve-t-on dans ce rapport ?

Une bonne nouvelle : la « survie » des patients s’améliore. Plus de la moitié des 320.000 patients (estimation basse) ayant chaque année un diagnostic de cancer seront vivants après 5 ans. Le rapport distingue les cancers de « bon pronostic » (42% des cancers), dont la survie est égale ou supérieure à 80% : prostate, sein, mélanome, thyroïde, leucémie lymphoïde chronique, testicule, maladie de Hodgkin, lèvres. Les cancers de pronostic intermédiaire (33% des cas) dont la survie varie entre 20 et 80% selon le stade d’extension : côlon et rectum, bouche et pharynx, lymphomes non hodgkiniens, vessie, rein, estomac, utérus, myélome, ovaire, larynx et leucémies aiguës. Et les cancers de mauvais pronostic (17% des cas) dont la survie à 5 ans est inférieure ou égale à 20% : poumon et plèvre, foie, pancréas, œsophage, système nerveux central.

Une mauvaise nouvelle : l’incidence des cancers augmente. « Les causes reconnues ou évoquées sont notamment l’allongement de la durée de vie, l’amélioration des diagnostics, mais également l’exposition croissante et prolongée à des facteurs de risque comportementaux et environnementaux », peut-on lire dans le rapport de l’INCa. 

A noter : il ne s’agit pas de données nouvelles, mais « d’une nouvelle façon de les analyser ». Les chiffres concernent les patients diagnostiqués avant 2000. « La survie des patients diagnostiqués en 2005, voire en 2010, est et sera meilleure » soulignent les auteurs du rapport.

La production de chiffres est un chantier récurrent depuis le premier Plan cancer, mais qui semble à l’heure actuelle plutôt en panne. Pourtant, pour savoir pourquoi il y a de plus en plus de cas de cancers en France, autrement dit, pour faire de l’épidémiologie, il serait utile d’avoir des données précises et récentes…

Mais la vraie nouveauté du rapport, c’est l’emploi du terme « guérison ». Une petite révolution. Pour la plupart, les médecins préfèrent parler de « rémission prolongée »… Sans entrer dans le débat médical, reste à savoir si les entreprises, les assurances, les banques, prendront en compte cette proclamation de guérison. Puisque les personnes sont « guéries », il n’y a officiellement plus de raison de les pénaliser avec des taux d’emprunt prohibitifs ou les marginaliser du monde du travail, n’est-ce pas ?

Evidemment, il y a un autre aspect  - on n’ose pas parler d’arrière-pensée - , purement économique, à la proclamation de la guérison, à travers la sortie du dispositif ALD de prise en charge à 100% des patients atteints de cancer.

Mais si le rapport de l’INCa pouvait contribuer à en finir avec cette « double peine » qui frappe souvent les malades et anciens malades, contraints de gérer non seulement leur pathologie, mais aussi une mise à l’écart de la vie sociale et professionnelle, alors ce serait un véritable progrès. Parce qu’après la survie médicale, il y a la vie tout court… La balle est dans le camp des entreprises, des banques, des assurances. Sauront-elles s'en saisir?

 

Claire Aubé

 

 

Pour en savoir plus :

Le rapport sur le site de l'INCa

Commentaires : (10)

Portrait de ginger

1 an 1/2 après la fin du traitement pour cancer du sein, je ressens une petite boule dans le sein opéré et des douleurs plus profondes et plus fréquentes, jusqu'à l'insupportable.
Je contacte donc la sénologue (très réputée) qui me suis désormais puisque l'oncologue ne me voit plus et le chirurgien (muet) une fois par an .
Le secrétariat fait blocage ...
Je me rends quand même au centre de mammo à 11h30.
Je suis fort mal reçue, aucune écoute, aucune compassion.
Bref, nouvelles mammo 3 mois après la dernière : une lésion de cytostéatonécrose , ce n'est rien.
Mais ces douleurs, comment les expliquer ?
Réponse "ce n'est pas une grippe que vous avez eue !".

Je suis médecin et j'ai honte de mes confrères

Portrait de MAJA17

bonjour à vous tous, je viens juste de faire mon entree dans la maison, j'ai eue au mois de mai une nephrectomie partielle du rein droit. JE doit refaire un scaner en septembre pour un controle...
j'ai encore un peu de difficulté a en parler.
je profite de chaques instants avec mon mari, mes enfants (10et 7 ans), mais j'aurais toujours cette peur qui m'habitera à chaques exam

Portrait de choupinette65

moi cest mon mari qui est malade , il dit toujours faut pas penser a la maladie et vivre tout ce que lon peut ,il faut garder le morale et en profiter un maximum, je suis d'accord pour dire que les grattes papiers ne sont pas a notre place, il ne cherche pas a savoir par ou ou par quoi on passe ,le reglement est la et ce n'est pas eu qui le font mais au dessus

Portrait de mandoline

Je n'aime pas beaucoup ce terme de "SURVIE"
"Survivre= demeurer en vie après la mort de quelqu'un, après la disparition, la fin de quelque chose"
Avec un cancer, on vit, tout simplement, on l'apprivoise, on chemine avec lui, on n'est pas "mort", que nenni, bien au contraire, on se découvre des ressources jusque là insoupçonnées, on apprécie mille fois plus les petits plaisirs et quelquefois, on vainc la maladie, c'est mon cas... En vie étais-je et en vie je reste....Que du bonus!

LA VIE EST UNE MALADIE MORTELLE, SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLE...

Portrait de niveole

"L'après"... "Il n'y a plus d'après..."Il y a "avec". Je vis avec le cancer depuis plus de 25 ans. Il fait partie de moi aujourd'hui. C'est un cancer du rein métastasé aux poumons et sur les os. J'ai subit l'ablation d'un rein, de la rate, d'une partie du pancréas du poumon gauche et du lobe supérieur du poumon droit et de 2 vertèbres. Il y a eu aussi un cancer de l'utérus.
Si je témoigne aujourd'hui, c'est juste pour vous dire que malgré toutes ces épreuves, je suis heureuse de vivre et que ça vaut le coup de se battre. Le plus difficile aura été de supporter les 4 opérations pulmonaires. En tout dernier, j'ai suivi un traitement qui a permi d'arrêter la chirurgie. Je vis seule mais j'ai beaucoup d'amis et je sais combien l'environnement est important. Chaque fois que je vais à Paris pour un contrôle médical, je termine mon séjour par une visite de musée ou autre expo. Ainsi je reviens à la maison avec de belles choses dans la tête. Les longs moments d'attente se remplissent aussi de lectures. Aujourd'hui, je suis plus que jamais vivante et heureuse de l'être.
Maïté

Portrait de Rebelle

Atteinte d'une tumeur avec suspicion de cancer, découverte grâce à l'écoute d'une jeune généraliste qui a demandé une échographie, j'ai subi une néphrectomie partielle en 2007...
Le chirurgien a déclaré un angiomyolipome.
J'ai appris par hasard, en réclamant mon dossier pour de la chirurgie réparatrice (atonie musculaire abdominale), qu'il s'agissait en fait, d'un adénocarcinome grIII, d'exérèse incomplète. Ma généraliste n'avait pas été prévenue...
J'ai subi 9 mois plus tard une seconde néphrectomie partielle par un chirurgien...compétent, professeur réputé.
Le pronostic n'est pas encourageant.
Je n'en tiens guère compte, préférant me prendre en charge:
aquafitness, nourriture ciblée, moral de teigneuse.
Mais j'en veux à ces médecins qui, au mieux, font semblant d'ignorer la faute, au pire, vous condamnent pour cacher leur erreur opératoire. Alors, ma vie face à "l'erreur" médicale est un peu difficile : perte de confiance, difficulté à accepter les examens, révolte devant des expertises iniques
Mon problème n'est plus le cancer, mais la façon dont j'ai été traitée.

Portrait de Muriel S

La vie après un cancer ; cette impression d'être toujours entre parenthèses ? cette inquiétude vis à vis de notre corps à savoir s'il va encore nous jouer des mauvais tours, surtout lorsqu'on n'est pas épargnée par le stress... cette espèce de fatigue.....qui nous oblige à vivre différemment, tout s'est arrêté si vite, c'est pas facile, il faut sûrement garder confiance et continuer à avancer le mieux possible ; j'aurais aimé connaître ce site lorsque j'étais en pleine bataille, il y a de bons conseils, merci

Portrait de Marina

Le problème n'est pas de savoir si les assureurs veulent se saisir de ces données car la réponse est déja non, officieusement non, c'est bien connu les assureurs n'assurent pas. Il y a là un vrai lobbying médiatique et associatif à mener. Ou alors créer des fonds collectifs.

Marina

Portrait de soleil 08

De soleil je suis devenue "soleil 08"

Soleil08

Portrait de soleil

En 2000, très grandes difficultés à obtenir un prêt immobilier dues à l'assurance:pas moins de 24 compagnies d'assurances contactées(certaines n'ont même pas daignées
nous faire remplir le questionnaire !)Une seul réponse positive: une compagnie américaine ,avec une forte surprime et une couverture partielle en cas d'invalidité,5 ans après l'arrêt des chimiothéérapies, demande de révision de surprime auprès de la compagnie qui refuse...En 2007, nouvel achat et à cancer + 9 ans même galère !.Mon mari a été traité pour un cancer du testicule en 1998-1999 avec un bon pronostic de guérison.Il a continué de travailler (hormis durant ses semaines de chimios et durant un mois de convalescence suite à un curage ganglionnaire et ce, malgré la fatigue ....Il a payé ses impôts, taxes comme tout citoyen bien portant.Et après ?LA DOUBLE PEINE,oui.C'est écoeurant et comme je l'ai déjà formulé dans un autre message, je ne rate jamais une occasion de fustiger banques, assurances et Etat car pour mon époux et moi même ,le pire n'a pas été la maladie mais "l'après" .