Avec la maladie, anxiétés et inquiétudes viennent s’immiscer dans le quotidien. Comment faire au mieux avec ces émotions négatives ? Des spécialistes des thérapies comportementales et cognitives (TCC), de la psychanalyse et de l’hypnose expliquent leur approche spécifique pour aider le patient à s’apaiser.

deprime

 

 

En faisant voler en éclats tous les repères de la personne qui y est confrontée, le cancer s’accompagne d’un cortège d’émotions plus ou moins pénibles à vivre. Anxiété face à l’annonce des résultats, peur des traitements ou de la rechute, angoisse de la dépendance... les motifs d’inquiétude sont nombreux . Pour y faire face et retrouver des ressources, différentes approches existent.

Les Thérapies Comportementales et Cognitives : changer d’ angle de vue

A partir de l’écoute du thérapeute, cette méthode thérapeutique aide le patient à revisiter ses croyances et à désamorcer pensées et émotions douloureuses. «Pour que le travail se fasse, il est indispensable que le thérapeute adopte une démarche empathique, c’est-à-dire qu’il respecte le point de vue du patient sans chercher à banaliser sa souffrance, ni à le rassurer, explique le Dr Franck Peyré, médecin psychiatre et comportementaliste à Bordeaux ».

En cas d’angoisse, le thérapeute va tenter de réévaluer le système de croyances catastrophiques exprimé par le patient en remettant la situation dans son contexte. « On amène la personne à se poser des questions précises. Par exemple : « Dans votre situation, est-ce que vous connaissez des gens qui ont guéri ? » Le principe est simple : faire cohabiter l’anxiété avec l’espoir et faire intégrer l’idée que le pire n’est pas toujours sûr, résume le Dr Franck Peyré ».

Face aux ruminations qui font souvent le lit de la dépression, un comportementaliste invitera le patient à observer le contenu de ses pensées et à agir.  « Si je passe toute la journée assis sur mon canapé, je vais ruminer. Il s’agit donc d’arriver à mobiliser ses forces. Est-ce qu’il y a des raisons de se battre ? Qu’est-ce que je peux faire pour moi et pour les autres ? Ces questionnements vont permettre au patient de se repositionner et de sortir de l’impasse, conclue le psychiatre ».

La psychanalyse : Intégrer le vécu émotionnel dans l’histoire du patient

Si l’expérience du cancer fait émerger des émotions négatives, celles-ci auront un impact et un sens différents selon l’histoire de chacun. En thérapie analytique, le thérapeute va travailler avec le patient sur ces représentations de manière à remettre du sens dans son histoire.

«En psychanalyse, on ne parle pas d’émotions négatives,  souligne Marie-Frédérique Bacqué, psychanalyste intervenant dans des services de psycho-oncologie à Strasbourg. Prenons le cas d’un patient qui me dit : « J’ai cette saloperie de cancer à l’intérieur de moi et je n’en veux plus ». Ce qui va m’intéresser, c’est de travailler la question du rejet de soi et de l’ambivalence amour/haine qu’il exprime. C’est cela qui permettra de faire le point sur son désir de vivre ou d’abandonner ».

Dans ce cadre thérapeutique, les ruminations seront également abordées d’une autre manière. « Celles-ci traduisent une incapacité du patient à poursuivre sa route car le psychisme patine. Derrière ces pensées obsédantes, il existe souvent une situation de choc que le patient n’arrive à pas dépasser. Cela peut être lié à des désirs enfouis au niveau inconscient, par exemple. Le travail du thérapeute consiste alors à aider le patient à libérer ce qui bloque grâce aux associations libres, précise Marie-Frédérique Bacqué ».

L’hypnose : Le pouvoir de la visualisation

Anna Iourenkova est hypno-thérapeute à Nice. Selon elle, nos croyances, nos émotions et notre attitude influencent notre état de santé. Pour aider ses patients en hypno-thérapie, elle s’appuie notamment sur le travail du cancérologue Carl Simonton qui a mis au point une méthode pour aider les malades du cancer. Pour déjouer les émotions négatives, comme la peur et le découragement, elle raconte une histoire au patient après l’avoir mis en état d’hypnose. Le principe ? « Donner à la personne des clés pour qu’elle accède à une autre compréhension de la situation, l’aider à se relaxer et à prendre du recul.  Mon travail vise à mobiliser ses forces pour le remotiver à vivre, et lui permettre d’atteindre un certain détachement, explique l’hypno-thérapeute». Concrètement, elle peut par exemple raconter une histoire où le cancer sera visualisé sous la forme d’une image. « Selon les personnes, je peux demander au patient d’imaginer une armée de petits soldats blancs qui vont détruire le cancer. Pour d’autres personnes, celui-ci aura la figure d’un crabe ou d’un requin. Ce qui compte, c’est que l’histoire que je raconte soit cohérente avec les représentations du patient », conclut Anna Iourenkova.

Nathalie Ferron

Commentaire : (1)

Portrait de Nanette

Bonsoir , je suis toute nouvelle sur ce site , je suis belge et donc j ai des difficultés à pouvoir essayer de prendre contact avec les diverses personnes ( médecins , psy , hypnotiseur ) , je suis atteinte d un cancer (dis incurable) et je ne connais pas mon espérance de vie .... mais je veux croire au miracle et pour ce faire , je lis tout , recherche partout , tout ce qui pourrait m aider .... en l'occurrence je cherche un(e) bonne hypnotiseur (seusse) ... quelqu un connaitrait il ou elle , des adresses je suis de la région liégeoise !!!