En raison d’effets secondaires trop gênants, d’un projet de maternité ou tout simplement par choix, certaines femmes refusent l’hormonothérapie ou décident d’arrêter leur traitement en cours. Qu’en pensent les spécialistes ? Et comment réagissent-ils;face au manque de compliance de ces patientes ?

hormonothérapie

Après une opération pour un cancer du sein, plus de la moitié des patientes se voit proposer l’hormonothérapie afin de diminuer les risques de récidive. « Nous avons 30 ans de recul sur le Tamoxifène et nous savons aujourd’hui que ce traitement réduit les risques de récidive de 50% », rappelle le Dr Pascale This, gynécologue et endocrinologue à l’Institut Curie. Prévu pour être administré sur une période de 5 ans, ce traitement hormonal n’est pourtant pas toujours bien accueilli par les patientes. Un nombre non négligeable (entre 20 et 30%) refusent de le prendre ou l’arrêtent avant le terme de la prescription (voir notre article : ces femmes qui rejettent l'hormonothérapie.« Nous ne disposons d’aucun indice biologique nous permettant de savoir si les patientes poursuivent ou non leur traitement », souligne le Dr Jean-Loup Mouysset, oncologue à Aix-en-Provence.  « La grande majorité d’entre elles est convaincue de l’utilité de l’hormonothérapie. Mais aux femmes qui manifestent des réticences, je leur explique comment ce traitement agit et ce que nous pouvons en attendre car il est important de les convaincre», poursuit-il. 

 

Lutter contre les effets secondaires

 

Parmi les réticences à la prise du traitement, les effets secondaires sont le plus souvent incriminés : prise de poids, baisse de la libido, bouffées de chaleur… Autant de désagréments que certaines femmes ne souhaitent pas supporter malgré le bénéfice du traitement. « En ce qui concerne les effets secondaires, je veille à bien faire la part des choses »,  explique le dr Pascale This. « La prise de poids, par exemple, est bien souvent davantage liée à la chimiothérapie qu’au traitement hormonal ». 

Pour juguler les effets secondaires liés au traitement, un réajustement de la posologie au cas par cas peut être considéré. « Pour certaines patientes, on peut envisager un arrêt pendant deux mois avant de reprendre ensuite le traitement avec une dose plus faible que l’on augmente ensuite pour revenir à la dose préconisée», clarifie le Dr PascaleThis.

Moduler le temps

Parmi les réfractaires à l’hormonothérapie, il y a aussi toutes celles qui nourrissent un désir de maternité.« Dans ces cas-là, on conseille de prendre leur traitement pendant au moins  trois ans, car on sait que les récidives sont plus fréquentes les trois premières années et on leur demande d’attendre au moins deux  trois mois après l’arrêt pour mettre en route leur bébé », commente Pascale This et de faire un bilan mammaire et général complet avant. .

Pour des raisons idéologiques ou psychologiques, certaines patientes refusent tout simplement l’idée de prendre un traitement sur une longue durée. Etre à l’écoute, savoir convaincre et s’adapter à la singularité de chaque patiente demande au spécialiste des qualités de finesse et d’empathie : «J’essaie de les responsabiliser sur leur choix. Si elles refusent la voie de protection hormonale, je leur demande d’être alors très  vigilantes et rigoureuses quant à leur hygiène de vie », explique le Dr Jean-Loup Mouysset. « Les patientes qui fument et boivent ont d’autant plus conscience de la nécessité de prendre un traitement hormonal préventif ».

Pour bon nombre de spécialistes, l’hormonothérapie ne représente en effet qu’un aspect de la prise en charge et s’inscrit dans un programme plus large de prévention des récidives des cancers du sein : la pratique d’une activité physique régulière, l’importance d’une alimentation équilibrée, l’arrêt du tabac… sont également abordés dans les consultations. « A côté du traitement hormonal, on aborde aussi la question du stress post-traumatique et des conséquences du cancer sur le plan émotionnel. Tout cela doit être pris en compte en parallèle du traitement», conclut le Dr Jean -Loup Mouysset. Dans tous les cas, c’est le dialogue avec son médecin qui donne vraiment valeur au choix de la patiente. 

 

Nathalie FERRON

 

Commentaires : (6)

Portrait de pascaline

Voici trois ans que l'on m'a annoncé un cancer de l'ovaire. Malgré deux chimio, rien n'y fait. Deux rechutes! Maintenant, on veut que je suive un traitement en hormonothérapie. Le comble est que l'un des effets secondaires est de faire une embolie pulmonaire. J'ai déjà fait cette maladie quand j'avais 25ans. Alors j'ai dit NON!! j'ai arrêté la chimio et surtout ne pas prendre cette "cochonnerie"!! Je suis suivie en homéopathie; j'ai une injection tous les deux jours de Viscum album (gui). Cette plante a la propriété de bloquer l'avancement du cancer. Au moins je ne souffre pas d'effets secondaires!! ça permet de souffler un peu...

Pascaline

Portrait de criquette

Après mon cancer du sein traité cette année, me voici confrontée à une boîte de 30 comprimés 20 mg de Tamoxifène devant les yeux, incapable d'avaler le tout premier comprimé, cette fois, je sais que c'est certainement très stupide de ma part, mais je bloque aussi incroyable que cela puisse paraître.....

Portrait de goubron

Après un cancer du sein en 2007 : Chimio et rayons. En 2011 on m'a découvert un cancer des os en relation avec mon cancer du sein. J'ai pris durant 4 ans un comprimé de Femara par jour et cela n'a pas suffit. Après des rayons et une chimiothérapie très dure me voilà traitée avec tous les 28 jours 2 piqûres de Faslodex et une perf de zometa. Les conséquences sont multiples : douleurs musculaires,plus douleur dans les pieds, insensibilité des doigts de pieds et très légère aux mains, douleur dans les mâchoires, secheresse sur les extremites et vaginale enfin pleins pleins de bobos mais tout ça m,est égal je vis, je profite et après l'orage j'ai mon superbe arc en ciel. Le cancer se soigne. Je sais que je suis en sursis commet tout le monde.
La maladie m'a au moins apprit une chose je vais à l'essentiel et profite de chaque minute qui passe en me disant que j'ai beaucoup de chance. Je vis une merveilleuse époque. Je suis entourée d'amies sincères qui compatissent et m'encouragent sans jamais tomber dans le melo.
Relevons le défit ! Vivons vivons chaque seconde en se réjouissant de notre chance et de notre bonheur.
Nous nous savons ce qu'il représente à nous d'en faire bon usage.
Bon courage à toutes. Francoise

Portrait de dolynoves

bonjour,
ma question pose sur les interactions médicamenteuses entre tamoxifène et antidépresseurs et autres... c'est ma fille, étudiante infirmière, qui m'a alertée! en effet je prenais un antidépresseurs qui agissait sur le tamoxifène.... A ce jour je mène mon enquête car l'oncologue pense que le risque est moindre, quoique enfin il m'a proposé une molécule qui n’interagit pas!!! quand au pharmacien et médecin...pas trop au courant...
Actuellement je souhaite suivre un traitement issu de la médecine traditionnelle chinoise, l'oncologue m'a mise en garde, car la phytothérapie c'est avant tout des principes actifs issus de plantes. Donc je ne sais plus.. Je me perd sur les sites à la recherche d'éventuelles réponses...Mais je n'obtiens rien.. que sait-on de la médecine traditionnelle chinoise et cancer? est-ce fiable? Si vous avez des réponses.

Portrait de chantalou

J'ai été opéré d'un cancer du sein en mars 2011, suite à 6 séances de chimiothérapie et des rayons, me voilà avec de l'hormonothérapie. Dur de devoir s'imposer à nouveau un traitement "chimique", mon oncologue m'a dit que ce serait de l'hérésie de ne pas le prendre.
Bref, pour l'instant (cela fait bientôt 2 mois) pas de vilains effets, quelques bouffées de chaleur, des pertes vaginales insignifiantes, des douleurs sous les pieds au réveil, comme si j'avais pris des coups de bâton pendant la nuit, mais tout ceci s'estompent très vite, et aussi l'extrémité des doigts "secs".
Par rapport à la chimio, c'est rien.
je vous embrasse. bon courage à tous malades, accompagnants, docteurs, KISSSSSSS

Portrait de sitelle

Et les risque de cancer de l'endomètre?

Marie-Claude.