Une interview du docteur Ahmed Benhammouda, médecin coordonnateur de l’association Emma, chargée du dépistage des cancers en Seine-Maritime.


Le dépistage organisé du cancer du sein est généralisé sur le territoire français depuis 2004. Concrètement, cela signifie que les femmes de 50 à 74 ans sont invitées tous les deux ans par leur caisse primaire d’assurance maladie à réaliser une mammographie gratuite, sans avance de frais.

 

50% des femmes concernées par cette mesure avaient entrepris cette démarche en 2007. Un chiffre qui cache des disparités régionales : le Cher connaît un taux de participation record de 71,2% quand Paris est lanterne rouge, avec seulement 26,4% de femmes ayant répondu à l’invitation.  L’objectif est de parvenir à un taux uniforme de 70% sur tout le territoire ; un niveau de participation qui permettrait, selon les experts, une baisse de 30% de la mortalité due au cancer du sein.

La Seine-Maritime est plutôt bon élève, avec plus de 60% de la tranche d’âge mobilisée. Depuis le démarrage des campagnes de dépistage, orchestrées par l’association EMMA, près de 270.000 mammographies ont été réalisées ; 2241 cancers ont été détectés. Sur le terrain, le docteur Ahmed Benhammouda, médecin coordonnateur de l’association, a constaté l’évolution des mentalités. D’après lui, le dépistage organisé du cancer du sein est entré dans les mœurs.

(Durée vidéo 1min41s)


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Reste des femmes que les campagnes n’arrivent pas à atteindre, en dépit des efforts déployés sur le terrain. Un des objectifs du Plan cancer 2 est de réduire les inégalités sociales face au cancer, qui se creusent aussi en raison de cet accès différencié à l’information. Mais par définition, il est difficile de connaître le profil de ces oubliées du dépistage qui, selon toute probabilité, consultent peu médecin ou gynécologue.


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Une partie de la population demeure ainsi à l’écart de ces campagnes, pour des raisons mal connues, et peu explorées.

Claire Aubé, claire.aube@la-maison-du-cancer.com