traitement

Au début, on n’y prend pas garde. Prises de sang, perfusions, injections, quelques secondes pénibles, voilà tout. On tend mécaniquement le bras, toujours le même, hélas, pour certaines femmes. Puis les mois passent, avec leur cohorte de soins et de contrôles en tout genre. Et un jour, on finit par en vouloir à l’infirmière qui vous pique de traviole, à celle du scanner qui s’échine sur votre bras pour détacher une tubulure trop serrée.

Une fois passés les traitements lourds, les femmes ayant un cancer hormono dépendant (60 % des cancers du sein) n’en ont pas fini : afin de limiter le risque de récidive, leur est encore prescrit pendant 5 ans de l’hormonothérapie. Et pourtant, certaines la refusent ou l’arrêtent en cours de route. Effets secondaires, atteinte à leur vie de femme, bref, c’est pour elle le traitement de trop. Face à ces rebelles, quel discours du corps médical ?  

Plus de malades, moins de cancérologues pour les soigner ? C’est ce qui nous attend, si des mesures efficaces ne sont pas prises. Le rapport du Professeur Jean-Pierre Grünfeld, « Recommandations pour le Plan Cancer 2009-2013 », alerte les autorités sur ce sujet. Les oncologues médicaux, par exemple, ne sont déjà plus assez nombreux. De plus, ils sont répartis inégalement sur le territoire. L’inégalité d’accès aux soins ne fera que se renforcer si l'on n'y prend garde…

Aujourd’hui, je l’avoue, j’ai fait l’autruche. Toutes les trois semaines depuis plus d’un an, je guette l’évolution de mes marqueurs (CA 15-3 pour le cancer du sein). Et là, je les ai proprement snobés. Autant attendre le prochain scanner avant de céder à la panique. Plus facile à dire qu’à faire car ces foutus marqueurs ont tout de même signé en juillet 2008 le début de mon cauchemar.

En discutant avec des salariés de Aides (l’association de lutte contre le sida), j’ai appris à ma grande surprise que les traitements d’aujourd’hui ne seraient quasiment plus assortis d’effets secondaires. Alors ma question est simple : a quand la fin des effets secondaires pour les chimio ?

-  Sachez que dans l’état de stress tout légitime dans lequel vous êtes, vous ne « capterez » et ne retiendrez qu’une infime partie des informations qui vous serons données. C’est pourquoi il est important de vous faire accompagner.

N’appréhendez pas la douleur car les perfusions sont indolores.

-  Pour ne rien sentir au moment de piquer dans le cathéter, pensez à mettre un patch anesthésiant  une heure et demi avant votre rendez vous. Il faut que la partie blanche, anesthésiante, recouvre parfaitement le cathéter.

Une interview du docteur Ahmed Benhammouda, médecin coordonnateur de l’association Emma, chargée du dépistage des cancers en Seine-Maritime.


Le dépistage organisé du cancer du sein est généralisé sur le territoire français depuis 2004. Concrètement, cela signifie que les femmes de 50 à 74 ans sont invitées tous les deux ans par leur caisse primaire d’assurance maladie à réaliser une mammographie gratuite, sans avance de frais.

 

Une interview de Christian Jamin, gynécologue, endocrinologue, président de l’AFACS, l’Association française de l’après cancer du sein

A ce monsieur du nord ouest de la France, l’hôpital local voulait enlever tout l’estomac. Mais le patient ne l’entendait pas ainsi. Après tout, il n’avait qu’une toute petite tumeur, alors pourquoi un tel coup de massue sur son organisme ? Prenant son dossier médical sous le bras, il est allé consulter à quelques deux cent kilomètres de là, dans un grand centre d’oncologie.