Pleure, tu pisseras moins ! | la maison du cancer

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C’est faux ! Et j’aimerais bien savoir qui a dit cette ineptie. Marie, je t’ai pleuré beaucoup jeudi quand un hommage te fut rendu dans ton village, et bien crois-moi, si tu me vois quelque part, je pleure encore, et j’ai fait pipi 3 fois aujourd’hui. Tu crois que c’est le thé vert ? Petite farceuse partie trop tôt, je me souviens des mojitos (tu noteras que même en peine, j’arrive à jeuxdemologuer). En janvier, j’avais adoré ton cadeau : une bougie de gâteau d’anniversaire. Cette bougie, cette flamme de vie, tu savais depuis longtemps qu’elle serait plus longue pour d’autres que pour toi. Ta flamme à toi s’est éteinte. Mais ceux qui t’ont approchée n’oublierons pas l’intensité de ta présence. Ni de tes coups de gueule. Contre la maladie, toujours contre et jamais pour! ça nous avait bien énervé et fait rire le titre du livre « Anticancer », comme si on pouvait être pour. Nous, on était pour la vie, même fatigante cette vie souvent. Alors oui, tu sais que certains vont dire que tu ne souffres plus. C’est vrai mais la peine est immense. Je me console comme je peux. En t’imaginant dans un endroit zen avec des diners presque parfaits (private joke) ou en relisant ta dernière lettre. Celle où tu évoquais « l’art de la simplicité » ce livre de Dominique Loreau que je t’avais prêtée. Tu parlais de l’acceptation, du renoncement, de la mort et de la sérénité. Il parait que tu es partie dans un shoot de mort fine (tu me pardonneras ce jeu de mot sur la morphine, Marie, j’aime bien avoir le dernier mot, et puis, c’est toi qui me fait le dernier mal).

Un jour, j’ai noté cette phrase de la kabbale « Dieu compte les larmes des femmes », depuis ton départ, Marie, Dieu s’est acheté une calculatrice.

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