Comment vivre sans estomac | la maison du cancer

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Le cancer de l’estomac peut se traiter par une ablation partielle ou totale de l’organe. Mais comment se faire à l’idée de vivre sans estomac ? Faut-il alors renoncer à tous les plaisirs de la table ? Sûrement pas, selon les médecins. Même si adapter son alimentation s’impose.

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Le verdict est tombé : « ablation totale de l’estomac ». Ce diagnostic, très courant en cas de cancer de l’organe, est souvent effrayant pour les malades. Car, à l’angoisse de la maladie, il faut ajouter ces interrogations : comment vivre sans estomac ? Peut-on retrouver une vie normale après l’opération ? Premier élément de réponse, plutôt rassurant, l’ablation totale ou partielle de l’estomac est une opération habituelle pour ce type de cancer. Il s’agit même du « traitement de référence et le seul permettant d’offrir une chance de guérison », selon les chercheurs de la Fondation ARCAD, spécialisés dans la cancérologie digestive.

Autre précision, l’estomac n’est pas un organe vital. Il est donc tout à fait possible de vivre sans. Cependant il joue un rôle très important pour l’organisme et la digestion grâce aux acides qu’il sécrète et parce qu’il brasse les aliments ingérés avant de les faire passer par petite quantité dans le reste de l’intestin. Une ablation de l’estomac nécessite donc de revoir totalement son mode d’alimentation. Comme l’a fait Gérald, opéré à la suite d’un cancer le 9 avril 2009. « J’ai suivi un régime d’épargne digestive les premières semaines suivants l’opération. Au début je n’avalais que du bouillon et des aliments moulinés puis j’ai progressivement réintégré du poisson et des légumes agrémentés de béchamel ». Gérald confie également avoir ressenti la faim dès la première semaine après son opération.

Attention au « dumping syndrome »

La principale règle diététique à observer est la fragmentation des repas. « Cela consiste en la réduction du volume des repas qui doivent être entrecoupés de collations pour maintenir la même quantité de calories absorbées chaque jour, explique le professeur Christophe Louvet, de la Fondation ARCAD. Ils doivent être pris dans le calme et lentement pour prendre le temps de bien mâcher ». Il est également recommandé de ne pas boire pendant les repas et de limiter l’ingestion de sucres rapides.

Même en suivant ces règles de base, la gastrectomie entraîne souvent un malaise bien spécifique, appelé « dumping syndrome », dû à l’arrivée trop rapide des aliments dans l’intestin grêle. Il se manifeste rapidement après les repas par une sensation de malaise général avec fatigue brutale, bouffées de chaleur, sueurs, palpitations, tachycardie, pâleur, douleurs abdominales, diarrhées, nausées, perte d’appétit, somnolence. La fréquence et l’importance de ces différents symptômes sont très variables. « Ces symptômes disparaissent facilement en s’allongeant », rassure le professeur Louvet. Et diminuent puis disparaissent au fur et à mesure du temps.

Injection de vitamine B12

Un an après son opération, Gérald a retrouvé une alimentation quasiment normale. « Je n’ai pas de préconisation particulière de mon gastroentérologue, raconte t-il. Je fonctionne en fait avec « le bon sens paysan », en supprimant de mon alimentation tout ce qui ne me réussit pas, comme les cacahuètes ou le concombre. Mais en réalité cela ne concerne que très peu d’aliments ». Si Gérald a retrouvé les plaisirs de la chair, il reconnaît aussi s’autoriser régulièrement un verre de rosé ou de rouge, sans contre-indication médicale. « Bien sûr, j’ai moins de force qu’avant et ai perdu presque 15 kilos. Mais quel plaisir de pouvoir s’alimenter normalement, participer à un repas de famille ou entre copains ! ».

Les personnes ayant subies une ablation de l’estomac restent cependant soumises à une obligation médicale à vie : l’injection de vitamines B12 tous les trois à six mois. Cette vitamine est essentielle pour la synthèse de l’hémoglobine qui permet de transporter l’oxygène dans les globules rouges. Ces injections sont donc nécessaires pour éviter une anémie. « Mais cela reste une petite contrainte par rapport à tous le chemin parcouru », conclut Gérald.

Cécile Cailliez 

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