Le combat acharné de Pascal Foucher | la maison du cancer

0

Il lutte depuis des années contre un myélome agressif, mais aujourd’hui il doit d’abord l’emporter contre les autorités sanitaires.  Un protocole international l’empêche en effet d’accéder à une molécule très prometteuse, sa dernière chance de survie en fait. Portrait d’un homme prêt à se battre jusqu’au bout.

 pascal_foucher_1_article-4237570

C’est un homme plus que déterminé : face à la maladie qui gagne chaque jour du terrain, Pascal Foucher continue de se battre farouchement. A 52 ans, il vit depuis cinq ans avec un terrible cancer du sang, un myélome. Avec une volonté farouche de s’en sortir, il est devenu, comme il le dit lui-même avec un humour dont il ne se départit guère, « un grand professionnel de la chimio ». Il a ainsi derrière lui six protocoles mais aussi une double auto-greffe et enfin, une allogreffe (soit la greffe de cellules souches d’un donneur compatible) en décembre 2010.  Une résistance physique hors norme lui a permis d’endurer tous ces traitements très lourds. Mais aujourd’hui, la maladie les a tous mis en échec.  Ce grand amateur de vélo est trahi par ce corps qui le fait souffrir de terribles douleurs osseuses. Et « ma date de péremption semble plus proche qu’à l’accoutumée », dit-il.

Comment vivre avec la conscience aigüe, douloureuse à l’extrême, que la mort s’approche à grands pas ? A chacun sa réaction. Avec Pascal Foucher, la résignation n’est pas de mise. D’autant plus que son oncologue à Nantes lui a fait part de l’existence d’une nouvelle molécule très prometteuse, le polamidomide. Mais voilà : les instances internationales ont décidé que les malades allogreffés ne peuvent  y accéder, faute d’un système immunitaire suffisamment costaud pour y résister.  Pascal Foucher est donc doublement pénalisé. Il a subi une allogreffe aussi pénible que risquée, qui a finalement échoué. Et qui plus est, l’empêche aujourd’hui de bénéficier de la dernière innovation thérapeutique.

Plusieurs oncologues lui assurent que ce protocole pourrait être testé sur lui.  De toute façon, « l’administration de ce traitement ne présente pas un risque plus grand que l’allogreffe que j’ai déjà subie… »,  constate-t-il. En d’autres termes, ce protocole est très périlleux mais ne vaut-il pas la peine d’être tenté quand tout le reste a déjà échoué ? Pascal Foucher est donc prêt à signer toutes les décharges du monde pour bénéficier de ce traitement de la dernière chance. En pleine force de l’âge et père de trois enfants, un homme aussi volontaire ne peut pas rester les bras croisés face à l’agressivité du crabe. Il se bat avec toutes les armes possibles : il a d’ores et déjà entamé une campagne de presse pour alerter l’opinion publique sur son cas ; sur son blog, il relate chaque jour l’avancée de ses démarches – par exemple, la dernière lettre qu’il vient d’envoyer au Président de la république ; et il créé un groupe Facebook « Fuck the crab, eat the rest » qui compte presque déjà 15OO membres, prêts à  soutenir son combat.

Qu’on se le dise, Pascal Foucher veut accéder coûte que coûte à ce protocole.  « Il faudrait a priori qu’une ATU, une autorisation temporaire soit attribuée par l’AFFSAPPS en fin d’année, sous couvert d’une décision ministérielle », explique-t-il. Sauf que le temps presse. Les autorités sanitaires sauront-elles déroger rapidement à un protocole international, pour autoriser l’expérimentation de ce nouveau traitement  sur un malade allogreffé ? Si finalement cela s’avérait un succès, la science trouvera elle aussi un bénéfice à cette expérimentation. Pascal Foucher est en pleine possession de ses facultés, et il est donc prêt à engager sa seule responsabilité pour sauver sa vie. Comment ne pas entendre sa requête… ?

Anne-Laurence Fitère