Etes-vous bien certain d’avoir eu un « cancer » ? | la maison du cancer

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Des experts du très sérieux National Cancer Institute, dans un article publié dans le non moins sérieux journal Lancet Oncology, évoquent l’idée de ne plus appeler « cancers » les lésions et mini-tumeurs à progression lente que le dépistage systématique découvre désormais à un stade très précoce. Sans doute une révolution à venir.


Cette éventualité est sans doute dans l’air depuis un ou deux ans et s’est nourrie de tous les grands débats sur l’utilité ou non du dépistage systématique (cf notre article https://la-maison-du-cancer.com/magazine/la-salle-d-infos/enqu-te/cancer-d-pistage-les-raisons-d-une-pol-mique) : les lésions et tumeurs microscopiques aujourd’hui dépistées précocement  dans le sein, la prostate, la gorge, la thyroïde ou sur la peau notamment sont elles-vraiment des cancers à risque léthal ?  Ou bien s’agit-il d’anomalies qui, sans cette intervention prématurée de la médecine, n’auraient de toute façon pas évolué en maladie cancéreuse –auquel cas il faut les appeler autrement ?

Tel est le questionnement soulevé par une équipe d’experts du National Cancer Institute selon lesquels cesser d’employer ce terme « apaiserait les peurs des patients et réduirait la tendance des docteurs à traiter ces lésions de manière agressive ».

Ils ont même proposé un nouveau terme qui remplacerait heureusement les mots « cancer » ou même « précancer » : « Lesion indolore d’origine epitheliale » (Idle en anglais).

Cette proposition fait partie d’ un ensemble de réflexions mettant en cause les diagnostics et suivis actuels d’une majorité de cancers. Les experts du NCI proposent aussi que l’on se livre à moins de radiologie de « routine » pour les cancers précoces mais qu’on se concentre plutôt sur ceux qui s’aggravent afin de mieux comprendre leur évolution.

Dans l’article reproduit par le Wall Street Journal (attention article en anglais)

On relève en effet les taux assez impressionnants des cancers qui, selon ces chercheurs,  « auraient été suivis inutilement » : 30% de cancers du sein aux Etats Unis, rappelons le, où sont systématiquement pratiquées près de 20 000 mastectomies chaque année.