Hommage à Bernard Giraudeau | la maison du cancer

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Bernard Giraudeau nous a quittés il y a un an, le 17 juillet 2010. Rares sont les moments où nous ne pensons à lui, tant la rencontre avec cet être d’exception nous a marqués. Tant sa force et son courage face à la maladie étaient exemplaires. Nous avons travaillé ensemble afin qu’il puisse exprimer une fois encore son soutien et sa solidarité avec tous les malades du cancer.

Expliquer avec tellement d’authenticité comment la maladie avait changé son regard sur la vie. Enfin, dénoncer le manque de moyens de plus en plus flagrant dont disposent au quotidien les cancérologues pour lutter contre ce fléau en expansion.

A titre personnel, nous pouvons tous nous inspirer de sa ténacité pour continuer à nous battre contre cette maladie qui nous tenaille. « Accepter sans jamais se résigner », répétait-il, lui qui a repoussé pendant dix ans les assauts d’un cancer très agressif. Chercher une voie, sa propre voie, pour tenir face à ces traitements si lourds. La sienne, qui est peut-être devenue la vôtre, était d’apprendre à vivre intensément chaque instant de l’existence. De savourer à sa juste valeur ce que la vie peut offrir de beau même dans les choses les plus simples. Etre à l’écoute de soi et des autres. Et malgré la maladie, disait-il, être paradoxalement plus heureux qu’avant.

A titre collectif,  Bernard Giraudeau nous a fait à tous un immense cadeau, en bousculant de toute sa force le tabou qui entoure le cancer. « On n’a pas à avoir honte d’avoir un cancer !», s’indignait-il. Il a été le premier à assumer publiquement sa maladie. Et durant ses derniers mois, alors qu’il était terrassé par des chimios cruelles, il a jeté ses ultimes ressources dans cette bataille. Nous pouvons tous lui rendre hommage pour ce généreux combat, un combat qui a porté ses fruits. Aujourd’hui, des personnalités, acteurs, sportifs, députés, parlent publiquement de leur cancer. Et le terme « il est mort des suites d’une longue maladie » disparaît enfin des annonces médiatiques. C’est une grande avancée sociale. Parce qu’en parlant du cancer, on réhabilite ses malades. On leur donne la parole afin que toute la société entende leur souffrance et leur demande d’être mieux traités dans un environnement implacable pour les « affaiblis » : mieux acceptés et réintégrés dans le monde du travail, mieux épaulés face aux difficultés multiples de la vie au quotidien, et en un mot, moins discriminés. Le chemin est encore très long. A nous, tous ensemble de poursuivre cette route que Bernard Giraudeau aura tant contribué à tracer.

Anne-Laurence Fitère