Ne plus attendre sa chimio | la maison du cancer

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Qui  n’a pas attendu des heures avant de se voir administrer sa chimio ? Pour offrir un meilleur accueil aux patients et gagner en efficacité, l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris a mis en place un système qui mérite de s’y attarder. Grâce à la télémedecine, ce n’est plus le patient qui attend sa chimio mais la chimio qui attend le patient… 

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Qui n’a pas attendu des heures avant de se voir administrer sa chimio ?  L’attente est d’autant plus longue lorsqu’il faut au préalable passer par la case consultation. On fait le point sur les effets secondaires, le poids, les analyses, etc, puis l’accord est donné pour une chimio dans la foulée. Plus la journée passe, plus on fait les frais du retard accumulé. Bref des heures d’attente avant même d’endurer une longue séance de goutte à goutte.

L’expérience menée à l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris mérite qu’on s’y attarde car « ce n’est plus désormais le patient qui attend sa chimio, mais la chimio qui attend le patient », explique le Professeur Stéphane Oudard, Professeur des Universités, praticien hospitalier. Grâce à PROCHE, le Programme d’Optimisation du circuit des chimiothérapies, le temps d’attente des malades a été divisé par deux.

Le circuit est le suivant : 72 heures avant la cure, les patients réalisent en ville leurs examens biologiques. Leurs résultats sont transmis à un centre d’appels spécialisé en oncologie. L’infirmière du centre appelle les patients 48 heures avant la cure et complète un questionnaire détaillé, afin d’établir un bilan des toxicités apparues et une évaluation de l’état général. Au vu des éléments transmis via un logiciel de mails sécurisés, le médecin valide la cure des patients attendus le lendemain, et donne son accord pour la préparation de la chimio. Le jour J, elle attend le patient.

A ce jour, 682 patients ont donné leur accord préalable pour participer à ce programme. « Ce système offre aussi un meilleur confort pour les infirmières, les pharmaciens et les préparateurs en pharmacie, et donc globalement un meilleur accueil mais aussi une prise en charge plus sécurisée pour les malades, explique le Professeur Stéphane Oudard. Cette optimisation du circuit devrait nous permettre d’accueillir à terme 30 % de patients en plus ». Une expérience pour l’instant unique en France.  

Anne-Laurence Fitère