Pascal Foucher, un amoureux de la vie nous quitte. | la maison du cancer

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« Putain de salaud ce putain de crabe ! ». Pardon de ces injures, mais c’est sans doute ainsi que Pascal Foucher aurait écrit la dernière chronique de son blog, celle qui marque la fin de son combat. Pascal, je ne l’ai jamais rencontré physiquement mais nous avons eu le temps de nous parler souvent. 

Il m’a contactée via le site, et m’a dit : « vraiment c’est bien ce que vous faites, mais qu’est ce que c’est sérieux ! Un peu d’humour, ca ne ferait pas de mal ». Banco. Je lui ai demandé de m’écrire une chronique sur l’émotion provoquée chez un homme par la chute de cheveux et autre pilosité. J’avoue en avoir censuré un tout petit bout, pas du tout politiquement correct ! mais pas beaucoup car c’était vraiment drôle, très drôle. Après, il m’a promis un autre papier, sur un thème difficile : aimer et être aimé quand on est malade. Apparemment un sujet si sensible qu’il ne me l’a jamais rendu. Entre deux traitements, il a créé un groupe sur facebook « Fuck the crab, eat the rest ! ».  Bien oui, merde au crabe et dévorons ce qu’il nous reste à vivre. (Oui je sais, bien trop sérieux la traduction mais bon….). Tout lui. Il y a quelques mois encore il faisait du vélo comme un forcené. Et puis, m’avait l’air d’un sacré épicurien, le Pascal. Un gourmand de la vie, de bons vins, d’amitié, d’amour, de tout quoi ! Un grand mécréant, semble-t-il, qui n’avait qu’une seule religion : jouir de la vie. Alors lorsque la maladie a commencé à prendre sérieusement le dessus, le géant ne s’est pas laissé abattre. Il a mobilisé ses troupes, son groupe facebook, les amis de ses amis et les médias pour obtenir LA molécule expérimentale, celle de la dernière chance. Devant tant de courage et de volonté d’endurer encore un ième protocole de chimio porteur d’espoir, on ne pouvait que s’incliner. Alors on s’est tous mobilisé pour qu’il l’ait. Et il l’a eu. Pour autant, la maladie a fini par avoir le dernier mot. Mais jusqu’au bout, il s’est battu. Ne s’avouant jamais vaincu. Depuis le début, il a fait mentir les statistiques qui le condamnaient bien plus tôt. Deux années de vie en rab. Alors certes le crabe lorsqu’il est d’une espèce aussi venimeuse, gagne toujours la partie. Mais on peut lui donner bien du fil à retordre et lui inculquer la patience lorsque l’on a un tel amour de la vie.  

Anne-Laurence Fitère

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