ASCO 2012 : quoi de neuf ? | la maison du cancer

0

Lors du 48ème Congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) qui vient de se tenir à Chicago, les présentations d’essais se sont succédées. Parmi eux, certains représentent des espoirs pour demain, notamment pour les malades qui ne répondaient pas jusqu’ici aux traitements : ce sont ceux-ci que nous avons  choisi  de vous présenter .

 

Cancers du sein 

• Quelle est la fréquence de ce cancer ? Avec 52.000 nouveaux diagnostics chaque année, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme.  

• Qui est concerné par l’avancée présentée à l’Asco ? Un quart des malades subissent une tumeur agressive se caractérisant par la présence, sur les cellules cancéreuses, de récepteurs appelés HER2 . Des thérapies ciblées comme l’Herceptin® représentent d’ores et déjà une avancée considérable dans cette indication. Cela reste cependant insuffisant pour les femmes ayant un cancer du sein métastasé et très agressif. Ce sont ces patientes qui pourraient bénéficier des tout derniers progrès.

• Quel est l’enjeu ? Pour ces dernières, un nouvel essai clinique s’avère effectivement prometteur. Il porte sur une thérapie baptisée «T-DM1» ou «cheval de Troie» : en effet, l’agent anti-cancer (chimiothérapie) est acheminé jusque dans la tumeur grâce à un anticorps qui se fixe à la surface de ses cellules cancéreuses, puis libère son «poison» à l’intérieur de ces cellules pour les détruire. Grâce à ce procédé malin, deux ans après le début de la thérapie, 65,4 % des patientes traitées avec le T-DM1 étaient encore en vie, contre 47,5 % sans le T-DM1. La Food and Drug Administration (FDA) a jugé cette avancée si intéressante qu’elle vient de donner son accord pour que sa demande de mise sur le marché de la molécule soit examinée selon une procédure accélérée. 

Mélanomes

• Quel est la fréquence de ce cancer ? Avec 8.250 nouveaux cas diagnostiqués par an, le mélanome a connu une forte progression ces dernières années. C’est surtout un cancer qui tue (1570 décès à déplorer par an) lorsqu’il est détecté trop tardivement.

• Qui est concerné par l’avancée présentée à l’Asco ? Ceux qui n’ont pu bénéficier d’un dépistage suffisamment précoce pour que leur mélanome soit complètement retiré avec une bonne marge de sécurité, et dont le mélanome est muté sur BRAF (gêne mutant). Jusqu’à présent, ceux-ci faisaient partie des mélanomes pour lesquels les médecins restaient bien démunis.

• Quel est l’enjeu ? De nouveaux traitements avaient déjà été présentés lors de l’ASCO 2011, mais ils étaient actifs sur d’autres cibles. Les deux nouveaux traitements présentés cette année – le Dabrafenib et le Trametinib – se positionnent donc en complément des précédents, pour enfin permettre de réduire la progression de la tumeur chez ces patients jusqu’ici non répondeurs. Le Dabrafenib réduit ainsi de 70 % le risque de progression du mélanome en s’attaquant à son gène mutant (BRAF). Quant au Trametinib, il neutralise une protéine produite par ce même gène mutant (appelée protéine MEK) et qui contribue à la croissance de la tumeur, avec à la clé une réduction du risque de 55% de progression de ce cancer.

Cancers de la prostate

• Quelle est la fréquence de ce cancer ? Ce cancer est diagnostiqué chez quelque 71.000 hommes chaque année. C’est le cancer masculin le plus fréquent. Au stade de tumeur bien localisée, il est de bon pronostic. Au stade de métastase, certains répondent encore au traitement  hormonal, mais pas tous.

• Qui est concerné par l’avancée présentée à l’Asco ? Sont justement concernés par ce nouveau traitement présenté à l’Asco, les hommes atteints d’un cancer de la prostate métastasé et ne répondant plus au traitement hormonal.

• Quel est l’enjeu ?  Chez ces hommes, un nouveau traitement appelé Zytiga pourrait améliorer de 33 % leur taux de survie, en allongeant leur temps de répit sans évolution de leur cancer (de près de 8 mois en moyenne) . 

Cancers Ovariens

• Quelle est la fréquence de ce cancer ? On diagnostique 4.532 nouveaux cas en France, mais en raison d’un diagnostic souvent trop tardif, cette forme de cancer constitue la première cause de décès par cancers gynécologiques chez la femme.

• Qui est concerné par l’avancée présentée à l’Asco ? Il ne s’agit pas d’un nouveau médicament à l’essai, mais d’une combinaison de traitements déjà connus et utilisés séparément. Sont concernées, les femmes à un stade avancé de leur maladie, pour qui le pronostic était jusqu’ici bien mauvais.

• Quel est l’enjeu ? Grâce à la combinaison d’une chimiothérapie classique avec de l’Avastin®, un médicament bien connu et déjà utilisé pour bloquer la formation des vaisseaux sanguins nourriciers, la durée moyenne de répit, sans progression du cancer ni décès, a été multipliée par deux chez les 20 % de femmes résistant à la chimiothérapie classique.

Cancers du poumon

• Quelle est la fréquence de ce cancer ? Le cancer du poumon reste fréquent : 37.000 nouveaux diagnostics par an. Parmi eux, les cancers bronchiques non à petites cellules arrivent largement en tête (80 % des cas), la cigarette étant de loin le premier facteur de risque.

• Qui est concerné par l’avancée présentée à l’Asco ? Uniquement les patients atteints de cancers du poumon non à petites cellules, dont le gêne EGFR a muté. Or c’est loin d’être rare : une surexpression de l’EGFR est observée chez plus de 60 % des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules métastatique et est corrélée à un mauvais pronostic. Deux traitements (Iressa® et Tarceva®) ont bien été développés pour agir à ce niveau, mais tous les patients ne sont pas répondeurs.

• Quel est l’enjeu ? Un essai montre que l’Afatinib, un médicament encore expérimental, prolongerait la durée de survie des patients surexprimant EGFR : ainsi, les chercheurs ont bon espoir que ce traitement élargisse encore plus le nombre de patients répondeurs.

Nathalie Szapiro

• Sources :

• ASCO 2012