Le programme de l’UMP face au cancer | la maison du cancer

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Nous avons demandé aux deux partis en course pour l’élection Présidentielle de nous présenter leur projet de lutte contre le cancer. Ici, le Pr Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’Hopital Européen, Georges Pompidou, secrétaire national de l’UMP, répond à nos questions. 

 

LMC :  Le cancer et sa prise en charge vous semblent-ils une priorité de santé publique ?

Avec 365 000 nouveaux cas par an et 2 millions de malades, le cancer est une priorité absolue de santé publique. Il l’a d’ailleurs été tout au long de ce quinquennat. Le plan Cancer, qui a consacré 2 milliards d’euros à l’amélioration de  la prise en charge des patients, au soutien aux malades et à leurs familles, à l’égalité dans l’accès aux soins et au financement de la recherche, en est un exemple. Les résultats sont encourageants, la mortalité est sur une pente descendante. Ce plan sera poursuivi, nous nous y sommes engagés. La mobilisation pour lutter contre le cancer et soutenir les malades sera poursuivie et amplifiée, parce que le cancer est un enjeu énorme. Nous pourrons pour cela continuer à nous appuyer sur une structure unique au monde, l’Institut contre le cancer, voulu par le Président de la République. L’INca permet aux français de disposer d’une panoplie complète de prise en charge, de la prévention à une offre de soins innovante. Par exemple, nous sommes le seul pays au monde à permettre l’accès généralisé à des thérapies ciblées dont 70 000 patients ont bénéficié en 2011. Tout cela fait que la France est donnée en modèle dans le monde entier dans la lutte contre le cancer comme un récent éditorial de la prestigieuse revue américaine Nature l’a souligné, en donnant en exemple le Plan cancer français. Nos chercheurs, nos structures sont reconnus internationalement. Ce patrimoine est une chance que nous devons absolument protéger et maintenir en mouvement, pour sans cesse améliorer notre lutte contre la maladie. Le cancer est une priorité de santé publique, il faut continuer à s’en donner les moyens.

LMC : quels sont les problèmes majeurs liés à cette maladie que vous souhaitez résoudre ?

Le cancer est un fléau parce que le nombre de nouveaux cas augmente, et qu’il impacte non seulement le patient mais aussi sa vie professionnelle, sa vie sociale et son entourage. La découverte de la maladie et les traitements modifient profondément la vie quotidienne. Nous devons poursuivre l’amélioration de  la prise en charge des patients à chaque étape de la maladie et après la maladie. Nous devons poursuivre nos efforts pour mieux les accompagner et leur permettre l’accès à des traitements innovants, avec moins d’effets secondaires. Nous devons, quand malheureusement l’espoir de guérir disparaît, faire bénéficier plus et mieux les patients des soins palliatifs éventuellement nécessaires. Nous devons également les aider, tout au long de la maladie, à faire face au mal et à ses conséquences sur la vie : travail, vie familiale et vie sociale. L’égalité d’accès aux soins est également une préoccupation majeure car l’accès aux soins en matière de cancer ne se négocie pas. Nous devons aussi poursuivre la recherche pour mieux comprendre les raisons et les facteurs de risque, y compris environnementaux, de la maladie.

LMC : que proposez vous en ce domaine ?

Nicolas Sarkozy a annoncé la reconduite du Plan Cancer. C’est une décision fondamentale parce que le Plan Cancer mobilise tous les acteurs de la lutte contre la maladie et permet d’immenses progrès.

Pour améliorer les conditions de vie et de traitement des patients, nous avons initié le décloisonnement du système de santé entre la ville et l’hôpital. L’autre axe majeur est celui de la prévention et du dépistage précoce qui ne sont pas assez développés en France, alors que 30% de la mortalité due au cancer pourrait être  évitée (source INca). Nous voulons lancer un grand plan de lutte contre le tabagisme en particulier contre le tabagisme des jeunes qui est un facteur de risque bien connu. Le Parlement européen travaille actuellement à une refonte de la directive sur les essais cliniques. Nous suivons attentivement cette affaire compte tenu de ses conséquences sur la qualité de  la prise  en charge du cancer. Enfin nous continuerons à investir massivement dans la recherche pour offrir aux français l’accès à l’innovation thérapeutique.

Propos recueillis par Pascale SENK

Voir l’interview de Jean-Marie Leguen pour le PS