Mieux dépister le cancer du colon | la maison du cancer

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Le mois de mars sera « bleu ». Il est dédié pour la quatrième année consécutive au cancer colorectal. Il s’agit de sensibiliser une part plus importante de la population au dépistage précoce de ce cancer encore trop meurtrier. Symptômes à ne pas prendre à la légère mais aussi recours au test permettant de détecter ce cancer qui se soigne très bien s’il est pris tôt.

 
 

Eric a 53 ans et comme 16 millions d’hommes et de femmes de 50 à 74 ans,  il reçoit tous les deux ans une lettre de rappel du dépistage du cancer du colon. Mais comme plus d’une personne sur deux, il n’y répond pas. Or « le dépistage réduit de 30% le risque de décès », constate le Professeur Olivier Bouché, gastroentérologue à l’hôpital Robert Debré de Reims, membre du conseil scientifique de la fondation ARCAD (dédiée à l’aide et la recherche en cancérologie digestive). Mais «les gens qui ne sont pas malades, ne se sentent pas concernés et ils ont peur de ce qu’ils pourraient découvrir, poursuit-il. Le cancer du colon en particulier est un sujet encore tabou. De plus, le dépistage du cancer colorectal a été jusque là assez peu médiatisé. On peut espérer qu’avec «mars bleu », la population concernée adhère de plus en plus au programme ».

Si les Français ne participent pas en masse à la campagne de dépistage, ils négligent de même les symptômes qui pourraient les alerter : sang ou hémorragie dans les selles,  troubles du transit comme la diarrhée ou la constipation, douleurs abdominales, amaigrissement ou fatigue inhabituels. Réticence au dépistage, négligence des symptômes, les derniers chiffres de l’INCA (Institut National du Cancer) sont édifiants : le cancer colorectal est la seconde cause de décès par cancer en France avec 17 000 morts sur  39 000 nouveaux cas par an. Or un taux de guérison important  (94% à 5 ans) peut être obtenu si le cancer est découvert tôt.

Les tests de dépistage

Aujourd’hui, le test Hémoccult  II ® est utilisé dans le cadre du dépistage systématique.  Mis en place en 2002, ce dernier a été généralisé en France en 2008. Le test est simple à faire : il suffit d’effectuer chez soi un prélèvement de fragments sur trois selles consécutives à l’aide d’un kit  fourni par le médecin traitant puis de l’envoyer à un laboratoire pour analyse. Si le test est positif, le médecin enverra son patient chez un gastro-entérologue afin d’effectuer une biopsie par coloscopie. Mais ce test est controversé car « sa sensibilité n’est que de 50% », précise le gastroentérologue.

De nouveaux tests immunologiques plus fiables sont actuellement  à l’étude. Mais ils sont chers et le rapport coût – efficacité est un facteur très important quand il s’agit de dépistage à l’échelle nationale. L’avenir réside entre autre dans des tests sanguins. Ils devraient permettre de lever les derniers freins au dépistage de ce cancer encore trop fréquent.

Catherine Cerisey