Noël à l’hôpital | la maison du cancer

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Les fêtes de Noël sont des moments difficiles à passer lorsque l’on est hospitalisé. S’il est évident que les enfants malades doivent être chouchoutés, la manière d’aborder ce jour pour les adultes est plus complexe. Ils devront trouver en eux les ressources pour lutter contre ce qui peut être un grand moment de solitude.

Noël, période de « fêtes », peut devenir un grand moment de solitude lorsque l’on est hospitalisé. Et pour un enfant malade et ses parents, un véritable crève cœur. Alors de nombreuses associations – Clowns Z’Hôpitaux, L’[email protected]’hôpital, Noël des Hôpitaux pour ne citer que celles-ci – mobilisent beaucoup d’énergie pour offrir aux petits malades un peu de la magie de Noël. Une large palette d’initiatives et  d’animations sont en effet proposées dans les services pédiatriques : arrivée d’un Père Noël en hélicoptère à l’Institut Gustave Roussy,  spectacles divers et remise de cadeaux…

Une période à haut risque émotionnel

Quant aux adultes hospitalisés, ils sont le plus souvent livrés à eux-mêmes et à leurs émotions. Manque de moyens ou d’imagination dans les services hospitaliers pour  adultes ? Peut-être. Mais organiser des animations « spéciales» pour Noël à destination de malades qui n’ont pas forcément le cœur à la  fête peut aussi être délicat… voire incongru. Un « Joyeux Noël »  lancé par une âme pourtant animée de bons sentiments peut distiller un  parfum d’indécence.

Caroline a passé un Noël à l’hôpital. Plusieurs  années après, elle se souvient encore de sa colère envers l’aide-soignante qui lui avait souhaité de « bonnes fêtes » alors qu’elle se  trouvait immobilisée au fond de son lit dans une chambre stérile.  Lorsque l’espoir de guérison est devenu infime et que la souffrance  accompagne tous les instants, fêter Noël n’a plus de sens.  Et une certaine pudeur impose le silence.

Par ailleurs, Noël renvoie chacun à son histoire personnelle. Et le célébrer un tant soit peu pendant une hospitalisation peut s’avérer à double tranchant : les souvenirs  peuvent aussi bien raviver la joie que réveiller des émotions plus douloureuses…

Trouver des ressources de mieux-être

Dans la mesure du possible, certains patients pourront se voir accorder une courte pause pendant l’hospitalisation. Grâce à une  autorisation spéciale de sortie accordée par le personnel soignant, ils pourront alors passer quelques heures en famille. Lorsque cela n’est pas envisageable, la visite de bénévoles peut apporter un peu de chaleur et de réconfort. (1)

Mais c’est sur soi qu’il va falloir compter pour adoucir un peu sa peine. De plus en plus présentes dans les établissements hospitaliers, les nouvelles technologies permettent de rompre l’isolement : discussions en ligne ou pourquoi pas webcam pour se rapprocher au moins virtuellement de ses proches. Autre stratégie pour faire barrage aux idées noires : regarder un bon DVD, écouter de la musique ou une série de conférences, se plonger dans la lecture d’un bon livre si l’état de  santé le permet, autant de possibilités pour faire passer un jour dont on espère qu’il sera meilleur l’année prochaine.

Nathalie FERRON

(1)  La ligue contre le cancer invite à contacter le comité départemental le plus proche de chez vous pour savoir si des  animations particulières sont prévues dans votre lieu de soins.

(2)  VMEH Visite des Malades en Etablissements Hospitaliers