Partir en vacances… quand même | la maison du cancer

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Besoin de changer d’air, envie de soleil ? Même entre deux chimio, ou après un traitement lourd, les escapades sont possibles. Moyennant quelques précautions à prendre. Avec l’ aide de Pascale Dielenseger, cadre infirmier à l’Institut Gustave Roussy et présidente de l’Association Française des infirmier(e)s en de Cancérologie (AFIC), nous vous suggérons ces points de vigilance.

Parlez avec votre oncologue

Surtout n’hésitez pas à partir car le plus important est de vous faire plalsir.  Mais établissez votre programmation avec votre oncologue. Si vous êtes entre deux séances de chimiothérapie, vous savez comment votre corps réagit et êtes capable de programmer le jour où vous vous sentirez le mieux pour voyager.  A vous d ‘évaluer également votre capacité à supporter un long trajet en voiture ou un vol long courrier. Ceux-ci ne sont en principe pas contre-indiqués mais comme n’importe quel passager, n’oubliez pas vos bas de contention !

Vérifiez vos ordonnances

Pas question de vous retrouver à cours de médicaments ! Vérifiez avec votre oncologue et votre pharmacien que vous avez la quantité nécessaire. Vous pouvez éventuellement prévoir des boîtes de secours en cas de perte. De même si vous voyagez en avion, prenez soin de ranger vos médicaments dans votre bagage à main, ainsi que votre ordonnance, afin d’éviter les soucis en cas de perte ou de retard de bagages à l’arrivée.

Si vous voyagez en voiture, prévoyez un rangement isotherme pour ranger votre pharmacie. À l’intérieur du véhicule ou dans le coffre en plein soleil, la température peut vite monter ! 

Emportez les bons papiers

Vous pouvez emporter des résultats d’examen pour ne pas avoir à refaire en urgence une prise de sang, mais vous ne pouvez pas prendre avec vous tout votre dossier médical. Si vous partez pour une longue période et que vous prévoyez de nouveaux traitements sur place, demandez à votre oncologue de prendre contact avec le centre qui pourrait vous prendre en charge afin qu’il transmette à son ou ses collègue (s) les éléments médicaux qui vous concernent.

Côté Sécurité sociale, il est important d’avertir votre centre si vous êtes en arrêt maladie. De plus, si vous devez recevoir des soins sur votre lieu de vacances, les démarches administratives seront ainsi simplifiées.

Si vous partez en Europe, demandez avant le départ votre Carte Européenne d’Assurance maladie. Elle est gratuite et immédiatement délivrée au guichet de votre centre de Sécurité sociale, mais aussi sur simple demande par téléphone ou par courrier. Ainsi vous n’aurez pas à avancer les frais médicaux. Si vous partez hors de l’Union Européenne, le service de l’Ambassade de France, sur place, pourra vous indiquer un médecin. Mais vous devrez avancer les frais médicaux et ils ne vous seront remboursés à votre retour que si leur caractère d’urgence est reconnu par le Médecin conseil de l’Assurance maladie.

Prévoyez les soins

Si vous devez recevoir des soins particuliers, recherchez, avant votre départ, une infirmière libérale qui pourra se déplacer sur votre lieu de villegiature et demandez-lui si elle peut vous prendre en charge, au regard d’actes spécifiques. Certains gestes techniques réclament une pratique que tous les professionnels exerçant en libéral ne possèdent pas.

Protégez-vous du soleil

Que vous veniez de suivre une chimiothérapie ou que vous preniez des comprimés dans le cadre d’une thérapie ciblée, attention à la photosensibilisation ! Ces médicaments peuvent en effet augmenter les effets des rayons UV du soleil. Résultat : un risque accru de  brûlures, taches, rash cutané (éruption de bouton et rougeurs). Pour les prévenir, évitez les expositions ou/ et optez pour un bon écran total (protection 60) le plus neutre possible : sans parfum, ni parabène, ni aluminium, ni tout autre substance susceptible d’être irritante.

Si vous avez eu des séances de radiothérapie, votre peau, pendant l’année qui suit, est également plus fragile et l’effet coup de soleil que vous avez connu pendant les séances peut se réactiver avec les UV.

Couvrez la partie irradiée en vous habillant avec des vêtements amples et, de préférence en coton pour limiter toute irritation. Enfin, après une opération chirurgicale, les cicatrices doivent, elles aussi, être protégées.

Gare aux microbes !

C’est surtout vrai en cas de neutropénie (baisse des globules blancs), évitez les lieux trop fréquentés où vous pourriez être en contact avec des microbes de toutes sortes.

Choisissez les bonnes activités

Certaines sont contre- indiquées après une mammectomie avec curetage de la chaîne ganglionnaire. C’est le cas de toutes celles qui sollicitent le bras concerné : tennis, golf, canoë, par exemple.

En revanche, profitez du changement de cadre pour flâner, marcher, vous faire chouchouter, et pourquoi pas masser. Et surtout goûter tous les plaisirs de la vie !

Isabelle Palacin