Cancer : nos animaux de compagnie aussi… | la maison du cancer

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Evolution sociétale ou pur hasard ? De plus en plus d’animaux domestiques sont eux aussi frappés par la maladie cancéreuse. Mais ces cancers du chien ou du chat sont-ils comparables à celui de l’être humain ? Existe-t-il des spécificités en cancérologie animale ? Quels sont les traitements utilisés ? Enquête.

La perte d’un animal de compagnie est particulièrement douloureuse. Et dans un grand nombre de cas, comme pour nous autres humains, c’est le cancer qui fera trépasser notre compagnon quadrupède. S’ils n’ont pas les mêmes comportements à risque (tabac, alcool, exposition solaire excessive…), certaines races de chiens ou de chats sont génétiquement plus exposées au cancer. « Les boxers, par exemple ont 10 fois plus de cancers que les autres races sans que l’on sache bien pourquoi. Les petits terriers écossais présentent aussi davantage de cancers de la vessie, tandis que le bouvier bernois est majoritairement confronté aux sarcomes, souligne le Dr Patrick Devauchelle, vétérinaire spécialisé en cancérologie au centre de cancérologie vétérinaire de Créteil ».  Les chats et chiens blancs présentent aussi une spécificité : ils ont beaucoup plus de risques de développer un jour un carcinome de la face liée à l’exposition solaire.

En dehors de ces particularités génétiques, les cancers les plus couramment rencontrés chez les animaux sont les lymphomes, les sarcomes des tissus mous, les tumeurs buccales ou de la vessie ainsi que les tumeurs cutanées. Les femelles sont quant à elles plus souvent exposées aux tumeurs mammaires. Enfin, il n’est pas rare d’observer des cancers de l’anus chez le chien âgé.

Comme pour les êtres humains, la maladie apparaît le plus souvent à un âge avancé (vers 10-12 ans). Et quand il touche des animaux plus jeunes, il est souvent bien plus mortel. Comme pour les femmes, certains cancers chez les animaux présentent une caractéristique hormono-dépendante (mamelle, prostate). Un moyen efficace de prévention : la stérilisation que les propriétaires devraient faire pratiquer au plus vite chez les femelles, idéalement avant leur premier anniversaire. « La stérilisation diminue les risques de survenue d’un cancer de 80% », précise le Dr Anne Alaphilippe, vétérinaire dans une clinique toulousaine.

Les cancers des animaux peuvent-ils servir de modèle explicatif pour appréhender le cancer chez l’être humain? «Le cancer qui ressemble le plus à celui rencontré chez l’humain, c’est la tumeur de la mamelle chez la chatte. Ce type de cancer s’apparente au cancer du sein de la femme avec une évolution identique vers des métastases ganglionnaires et pulmonaires. Nous travaillons d’ailleurs conjointement avec l’Inca et l’institut Curie pour approfondir nos connaissances sur ces sujets, explique le Dr Patrick Devauchelle ».

Des signaux d’alerte à ne pas négliger

Chez les animaux, il n’existe pas de politique de dépistage, aussi les cancers sont bien souvent diagnostiqués tardivement. «Pour cette raison, nous intervenons sur des formes déjà relativement avancées, rapporte le Dr Anne Alaphilippe ». Si vous constatez quelque chose d’anormal, aussi bien au niveau physiologique que comportemental chez votre animal, soyez vigilants. Comme chez l’être humain, un cortège de symptômes plus ou moins discrets peuvent se manifester comme une masse sous la peau, des ganglions, une fièvre inexpliquée… Si l’animal est abattu, qu’il vomit du sang, qu’il éternue de manière intempestive ou qu’il maigrit beaucoup sur une courte période… n’attendez pas pour consulter votre vétérinaire. 

Des traitements globalement similaires

Dans la majorité des cas, les cancers des animaux de compagnie se traitent globalement de la même manière que ceux des êtres humains. « Nous travaillons avec les mêmes familles de traitements avec des moyens un peu moins sophistiqués. Par ailleurs, certaines molécules ne sont pas disponibles pour les vétérinaires, explique le Dr Anne Alaphilippe ».

Le protocole thérapeutique pour les animaux ressemble peu ou prou à celui proposé en oncologie humaine. « Après le diagnostic, on va recourir en première intention à la chirurgie pour l’ablation de la tumeur. Ensuite, on envisage des séances de chimiothérapie et de radiothérapie, ajoute le Dr Patick Devauchelle ». Même si les doses utilisées sont un peu moins fortes, les animaux subissent également les effets secondaires des chimiothérapies. « Les chats perdent leur sourcils et leurs moustaches, par exemple. Ils ont fréquemment des troubles digestifs et peuvent être abattus ».

Quant aux résultats thérapeutiques, ils sont identiques aux traitements dispensés chez les êtres humains. « Les traitements permettent aujourd’hui de prolonger la vie d’un animal de plusieurs mois à plusieurs années avec un bon confort de vie, explique le Dr Patrick Devauchelle ».

Reste la question du coût non négligeable à supporter pour le propriétaire. En moyenne, comptez entre 250 et 300 € pour un scanner, autour de 400 € pour un IRM, de 1000 à 2000 € pour une radiothérapie et près de 300 € toutes les trois semaines pour une chimiothérapie. D’où l’intérêt de souscrire à une assurance santé pour votre animal dès son plus jeune âge afin d’être bien remboursé s’il devait un jour être confronté à un cancer.

Nathalie Ferron