« Les Engagés » Portrait de Bernard Braun, fondateur de l’association « Une rose, un espoir » | la maison du cancer

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Cela fait 14 ans que, tous les printemps, Bernard Braun passe dans les villages de la Moselle avec ses amis motards. Leur objectif ? Vendre des roses au profit de la lutte contre le cancer. Partie de rien, son association « Une rose, un espoir » versait en avril dernier 504  000 euros à la Ligue contre le cancer !

 

Une belle réussite pour cet homme au caractère bien trempé qui, à 61 ans, reste toujours motard. Comme souvent, c’est une tragédie qui a scellé la naissance de son association. Au début des années 1990, son père décède d’un cancer du pancréas, puis sa mère est emportée par un cancer des os. Comment surmonter une telle injustice, un tel chagrin ?

Bernard n’est que colère et rage. Très vite pourtant, il transforme cette douleur en une énergie positive, en pensant tout simplement à ceux qui vivent, ces malades que l’on peut encore aider. « Il y a sans doute quelque chose à faire pour eux », pense-t-il.  Je me suis réveillé un matin et j’avais tout : l’idée, le nom, l’organisation», se souvient-il. Bernard soumet son projet à ses amis motards. « C’est un milieu que je connais par cœur, avec de vraies valeurs, la solidarité, la générosité, la confiance. Je savais qu’ils me suivraient ». Banco, quarante motards répondent à son appel !

Il ne reste plus qu’à trouver des roses à un prix raisonnable, défi qu’il relèvera grâce à l’un de ses cousins, directeur d’une roseraie.

La première caravane de « Une rose, un espoir » naît un week-end d’avril 1998, sous la pluie. Ce qui n’empêchera pas les habitants de trente-trois villages de Verny,  le canton de Bernard, de sortir de chez eux  pour observer ce curieux ballet de grosses cylindrées fleuries. Et de leur acheter leurs roses. Bilan de cette première édition : 8 384 euros reversés à la Ligue contre le cancer de Moselle. Une performance quand on sait que le scandale de l’Arc était encore tout frais dans les esprits. Et que de chemin parcouru depuis ! En 14 ans, « Une rose, un espoir » a reversé en tout 2 442 640 euros à la Ligue contre le cancer de la Lorraine ! Au printemps dernier, ce n’était pas quarante motards mais deux mille équipages (un pilote et une passagère par moto) qui sillonnèrent les départements de la Moselle, de la Meurthe et Moselle et de la Meuse, soit 810 villages. 200 000 roses ont été offertes en échange d’un don de 2 euros par fleur. A quoi tient le succès phénoménal et croissant de l’opération ?  A une organisation sans faille orchestrée par Bernard Braun, aujourd’hui président d’honneur de l’association,  et par Didier Tetu,  président actuel. Mais aussi à l’indépendance de leur action. « Nous n’avons jamais reçu une seule aide financière. Nous nous débrouillons seuls depuis le début. Notre fournisseur en roses est le même qu’au départ. Ce sont des clubs du troisième âge qui emballent bénévolement les fleurs. Notre argent est versé en toute transparence à la Ligue contre le cancer de Lorraine. Les gens connaissent parfaitement notre cause et savent où va leur argent », souligne Bernard Braun.

La réussite de la manifestation est aussi directement liée aux motards, de plus en plus nombreux, et tous bénévoles. « Les gens ressentent notre sincérité.  Derrière chaque casque, il y a un sourire. Ils nous attendent aussi pour le spectacle, un peu comme on attend de voir passer le Tour de France », note-t-il en souriant. Grâce à cette belle entreprise, Bernard Braun a réussi à surmonter la perte de ses parents. « Ce fut une thérapie également pour mes huit frères et sœurs qui ont tous participé au projet », explique- t-il. Cette association apparaît également comme bénéfique pour certains malades. Ce fut le cas pour une amie de Bernard Braun aujourd’hui décédée. « Elle s’est investie plusieurs années de suite dans l’opération tout en luttant contre un cancer et m’a souvent dit « Les roses, ça vaut toutes les chimios » raconte-t-il. Un cas loin d’être unique, alors « Rien que pour ça, pas question de raccrocher le casque ! », s’écrie Bernard Braun. De nouvelles régions, les Vosges, les Ardennes, la Haute-Loire et les Pyrénées Atlantiques, en plus de la Moselle, de la Meurthe et Moselle et de la Meuse devraient participer à la prochaine édition « Une Rose, une espoir » les 28 et 29 avril prochains.

Céline Roussel