“Les Engagées ” : Angela Enriquez, fondatrice de Yazen | la maison du cancer

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« Avant mon boulot me passionnait, explique Angela Enriquez, rédactrice en chef d’une revue économique. Mais lorsque je suis revenue après le traitement de mon cancer du sein, mon journal venait de se faire racheter et, mes centres d’intérêt avaient changé. Je me suis sentie alors très dépressive. J’avais besoin d’un nouveau défi à relever ». 

A 49 ans, Angela s’est laissée interpeller par la maladie. Elle s’interroge sur le pourquoi de son cancer, se documente sur « l’après ». « J’ai cherché à comprendre comment je pouvais mettre un maximum de chances de mon côté pour ne pas récidiver. J’ai beaucoup lu, et compris que le malade peut agir par lui-même, en optant pour des règles de bonne santé : une meilleure alimentation, une action sur le mental avec moins de stress et une pensée plus positive, de l’activité physique ».  Alors cette femme chaleureuse et courageuse, qui n’hésitait pas à sillonner la capitale en vélo même en plein traitement, fait une expérience totalement inédite pour elle ! Elle s’inscrit à un petit club où elle pratique yoga et Pilates. « Je me suis rendue compte à quel point cela m’était bénéfique, explique-t-elle. Quand on a été opérée, on est blessé, on courbe le dos, on se ratatine.  Ces cours m’ont permis de me redresser, de changer de posture, d’avoir une meilleure image de moi et d’avancer plus sereinement dans la vie ».  Doucement, le chemin prend forme. Angela s’aperçoit qu’il existe peu de centres à Paris dédiés à toutes ces disciplines. Alors son projet s’impose : elle va en créer un, en plein cœur de la capitale, qui ouvrira en novembre. Avec au programme Pilates, qi gong, yoga, sophro, massages,…Une bulle zen dans un monde agité, qui accueillera dans un premier temps les stressés du travail. « Cela permet d’agir en prévention », explique-t-elle. Et les malades du cancer ? « Je n’ai pas voulu faire un centre dédié aux patients car je ne pense pas que cela soit une bonne idée de les stigmatiser. Quand on est malade, on n’a pas forcément envie d’aller dans un endroit 100 % cancer. En revanche, un questionnaire médical permettra aux professeurs, tous sensibilisés à une approche thérapeutique de leur pratique, d’être tout particulièrement attentifs ». Les mêmes cours que pour tous donc mais avec une vigilance particulière aux mouvements à bannir.  Dans un deuxième temps, Angela s’est promis d’ouvrir un programme spécifique pour les malades du cancer du sein, basé sur des conseils nutritionnels et de l’activité physique.  L’ouverture de ce centre, baptisé Yazen, est prenante, mais l’aventure en vaut la peine. « Cela me permet d’être dans l’action et d’agir pour ma santé, pour notre santé», constate-t-elle. En un mot, de se sentir vivante. «  En plus, je fais des rencontres exceptionnelles.  De fédérer toutes ces belles énergies, c’est juste formidable ! ». A 50 ans, une nouvelle vie qui s’ouvre.

Anne-Laurence Fitère