« Les Engagées » : Marie-Hélène Voegelin, Présidente de l’association « Vivre comme avant » | la maison du cancer

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Marie-Hélène est à l’image des bénévoles de  « Vivre comme avant » : discrète et humble, déterminée et chaleureuse. Elle n’aime pas évoquer son parcours personnel, mais  faites la parler de cette association qu’elle préside et elle devient intarissable ! 

« Vivre comme avant » : 140 bénévoles actives, dans plus de 60 villes de France, effectuant 14 389 contacts au téléphone, 9 890 visites à l’hôpital (chiffre qui augmente chaque année) 9 500 heures de bénévolat, rien que pour l’année 2010. Et qui vient d’obtenir pour une période de 5 ans le renouvellement de l’agrément du ministère de la Santé pour représenter les usagers dans les instances hospitalières ou de santé publique. Belle reconnaissance du travail accompli.

« J’étais loin de m’imaginer qu’un jour je présiderai une association mais les événements de la vie m’y ont conduite… lentement mais sûrement » dit-elle. En 1992, 40 ans et trois enfants en bas âge, elle apprend qu’elle a un cancer du sein. Deux ans plus tard, alors qu’elle consulte pour une chirurgie esthétique et reconstructrice suite à sa tumorectomie, on lui découvre une boule suspecte dans le même sein. Le verdict tombe : récidive. D’autant plus dure à vivre qu’« envisageant une opération esthétique, j’en ressors avec l’idée qu’il va falloir en réalité me retirer le sein entièrement », se souvient-elle. Lors de sa reconstruction, finalement, Marie-Hélène échange avec une femme de son quartier qui est passée par là.  Elle lui pose alors toutes les questions qui la hantent. Et constate qu’avoir un appui auprès des siens, c’est bien, et même fondamental, mais que parler avec une femme qui a traversé les mêmes épreuves,  c’est encore mieux. « En 1997, mon mari tombe sur une annonce dans le journal : « Vivre comme avant » recrute des bénévoles dans ma région. Je me présente et j’ai alors un excellent contact avec Denise Escudier, la fondatrice et présidente d’alors. Je trouve une très grande chaleur, de la simplicité, dans le bon sens du terme. Recrutée, je me découvre totalement en phase avec l’action de l’association : aller, à l’hôpital, au chevet – ce qui est unique en son genre – des patientes opérées d’un cancer du sein » Marie-Hélène débute donc au centre de lutte contre le cancer Paul Strauss de Strasbourg, à la clinique de l’Orangerie, l’hôpital Hautepierre et la clinique Adassa. Peu à peu,  elle en vient à coordonner la région Grand Est, en y encadrant les nouvelles recrues, anciennes patientes elles-mêmes, à chaque fois formées à l’écoute active de manière quasi professionnelle. « Le bénévolat n’est jamais à sens unique, je donne et je reçois aussi ; et quand je dis à une femme que j’ai été malade il y a 20 ans je suis consciente que je lui permets de se projeter dans l’avenir et que je lui ouvre une porte hors de l’hôpital, vers la vie. » Quand le conseil d’administration doit renouveler la présidence et que celle-ci lui est proposée, Marie-Hélène murit sa réponse, puis se lance dans l’aventure car « il fallait absolument que l’action des bénévoles continue de tourner ». Depuis juin 2010, elle est également  vice-présidente à la Ligue nationale contre le cancer, portant la parole des malades au sein de l’institution nationale. Habitant Strasbourg, entre deux allers-retours hebdomadaires vers la capitale, elle aime se ressourcer en famille, sans jamais faiblir entre ces différentes activités « car on est là pour la même cause : les malades ».

Stéphanie Honoré