My Projects, le clic solidaire contre le cancer | la maison du cancer

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La recherche contre le cancer nécessite toujours plus de dons et les associations rivalisent d’ingéniosité pour pousser les citoyens à mettre la main au porte-monnaie. En Angleterre, le Cancer Research Uk table sur la communauté internet pour trouver de nouvelles ressources. 

Aidons Anne, jeune patiente d’une dizaine d’années, à combattre sa leucémie… Encourageons le professeur Simon Mackay à trouver un nouveau traitement contre le cancer de la prostate… Le Cancer Research UK, une association anglaise de lutte contre le cancer, et accessoirement la plus grosse ONG mondiale consacrée à la maladie, a lancé en 2008 un projet innovant pour financer la recherche : le site internet  My Projects.

A l’ouverture de la page d’accueil, le message est clair : « choisissez le cancer que vous voulez combattre ». « Notre objectif est de toucher cette population de donateurs qui souhaitent financer la recherche pour un cancer en particulier, parce qu’ils sont directement touchés par cette maladie ou parce que des proches le sont », explique Zoé Miranda, de l’organisation. My Projects est également né d’un autre constat, fait par le département Innovation du Cancer Research UK : il existe un potentiel énorme de donateurs, plutôt jeunes, qui ne donnent pas pour la recherche et Internet est un formidable moyen d’atteindre cette population.

Fort de ces principes, My Projects est donc basé sur une réelle individualisation des dons. Première étape, choisir dans une liste sur le site le cancer auquel on veut se consacrer. Par exemple, le cancer des poumons, de la peau ou du cerveau. Le donateur est ensuite redirigé vers une page internet détaillant le projet de recherche, comme la mise au point d’un nouveau traitement pour le cancer de la peau. En accompagnement, une vidéo reprend des témoignages de patients et surtout une interview du chercheur en charge du programme. Une manière efficace de personnaliser la recherche scientifique et donc de pousser au don. Autre astuce : un indicateur permet de visualiser l’évolution du financement du projet, au fur et à mesure des dons.

Internet solidaire

My Projects s’inscrit dans la lignée de cette utilisation d’un web solidaire, où les internautes participent directement à la réalisation d’un projet. On connaît déjà, dans le domaine de la musique, la plate-forme communautaire My Major Company, lancée, entre autres, par le fils de Jean-Jacques Goldman, Michaël Goldman. Là, les internautes supportent directement des artistes en finançant la production d’un album ou d’une tournée. Le domaine journalistique, en crise depuis de nombreuses années, table également sur le soutien des internautes à travers le site J’aime l’info, initié par le site d’informations Rue89. Ici encore, ils sont sollicités pour financer, qui un reportage, qui le lancement d’un nouveau média…

My Projects va encore plus loin dans cette utilisation du web puisque, en plus d’être donateur, les internautes peuvent devenir « fundraisers ». Ils ont la possibilité de créer eux-même une page internet pour récolter des fonds pour leurs propres projets solidaires, comme l’organisation d’un événement de sensibilisation au cancer. « Nous avons pour l’instant plus de 6000 donateurs sur le site dont 300 fundraisers», détaille Zoé Miranda. A  la manière des médias sociaux, My Projects a permis l’éclosion d’une véritable communauté solidaire du cancer en Angleterre. On peut ainsi inviter ses amis à rejoindre la lutte contre tel cancer, échanger avec d’autres donateurs…

Deux ans après son lancement, plus de 560 000 euros ont été récoltés, mais aucun programme n’a encore été financé entièrement. «Il ne faut pas oublier que My Projects est encore au stade de l’expérimentation, insiste Zoé Miranda.  Beaucoup de programmes de recherche sont exposés sur le site depuis moins d’un an». Avec 65% des 120 000 euros nécessaires, le projet de recherche contre la leucémie infantile est le plus avancé à ce jour.

Cécile Cailliez

Cancer Research Uk