SSR : des refuges post-traitement | la maison du cancer

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Fatigue, perte d’autonomie, surveillance nécessaire…Où aller lorsque on ne sent pas la force de rentrer chez soi  à la fin des traitements? La réponse en six points, avec la collaboration d’Emmanuel Buchot, responsable du service social à  l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif, et Anne-Marie Briquet directrice Ile de France du Groupe Orpéa Clinéa.

 

1-Quels types d’établissement peuvent accueillir une personne après traitement (s) ?

Seuls les SSR (Centres de Soins de Suite et de Réadaptation), spécialisés en cancérologie ou pourvus d’une unité cancéro peuvent le faire. Les SSR ont fait leur apparition en France au début des années 2000. Ils remplacent ce qu’on appelait auparavant « les maisons de convalescence », tout en étant différents. Les SSR sont en effet,  la plupart du temps, spécialisés, et ont donc la possibilité de prendre spécifiquement en charge des patients aux pathologies lourdes nécessitant un suivi médical rigoureux et adapté. (Les maisons de convalescence, en leur temps, mélangeaient tous les types de patients et ne proposaient que surveillance médicale et repos.) Les SSR affichent par ailleurs, grâce à un programme de rééducation, l’objectif d’aider le patient à se ré-autonomiser, de lui redonner force et moral pour regagner son domicile et  reprendre une vie sociale. Les premiers SSR spécialisés en cancérologie sont apparus en 2002 et fonctionnent donc ainsi. Ils prennent en charge tous les types de cancers, solides (en  SSR oncologie) ou liquides (en SSR hémato-cancérologie). Les patients peuvent y être accueillis après traitement(s), ou entre deux traitements (inter-cure), voire jusqu’en fin de vie, si le diagnostic annonce une issue fatale et qu’il n’y a plus de place en soins palliatifs.

 2Que fait-on en SSR Oncologie ?

Tout patient bénéficie d’une surveillance médicale et de soins adaptés. Ces établissements n’assurent pas les chimiothérapies intra-veineuses. Seules les chimios « per os » (« par la bouche »), parfois indiquées chez certains patients en inter-cure, peuvent y être administrées. Tout comme les transfusions sanguines, si nécessaire. Les complications et effets secondaires sont traités par voie médicamenteuse et / ou rééducative. Une diététicienne rencontre en début de séjour chaque patient pour établir un régime adapté et orienté vers le plaisir.  La rééducation est assurée par des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes, et des éducateurs d’activité physique adaptée (APA). Leur mission : redonner du dynamisme aux corps. Les premiers proposent des séances en individuel. Les éducateurs APA travaillent eux en petits groupes, de façon à stimuler les contacts sociaux. L’aide psychologique fait également partie du programme des SSR,  et accompagne les patients à tout moment, et dans certains cas, leur famille. La plupart des établissements proposent par ailleurs des animations (concerts, pièces de théâtre, projection de films)  mais aussi des ateliers thérapeutiques (Exemples : atelier cuisiner avec une diététicienne, atelier  « comment se relever après une chute » avec un kiné.)

3-Comment y accéder?

Le patient ne décide pas tout seul d’aller en SSR. C’est son médecin référent qui juge si cela est souhaitable ou pas. Cela passe donc par une prescription médicale. Cette proposition d’orientation peut donc intervenir en fin de traitement, ou entre les traitements (inter-cure). Il dirige ensuite le patient vers le service social de l’hôpital. Le choix du SSR va alors se faire avec l’aide de l’assistant social, en fonction des éléments médicaux transmis par le médecin  (type et complexité des soins, charge des soins), de l’autonomie du patient, et de critères géographiques. (Il existe des SSR oncologie partout en France). Une fois qu’une structure d’accueil été choisie, cette proposition est transmise au médecin référent et au futur médecin de l’établissement, qui l’acceptent ou la rejettent. En cas de refus, une autre proposition sera faite. Si elle est validée, le service social se charge alors de toutes les formalités administratives pour permettre au patient d’accéder au SSR. Une date d’entrée est alors définie de manière à ce qu’elle coïncide avec la date de sortie du patient de l’hôpital.

4-Combien de temps dure le séjour ?

En moyenne, il dure un mois mais reste totalement ajustable en fonction de l’état de santé du patient, sa pathologie, son autonomie et des indications du médecin du SSR. 

5- Combien ça coûte ?

Que l’établissement soit privé ou public, la sécurité sociale assure, comme pour un séjour hospitalier, une prise en charge à 100 % des frais de soins, dans le cadre de l’ALD  (Affection de Longue Durée) du patient. Seul le forfait journalier (environ 18 euros) et le surcoût éventuel d’une chambre individuelle reste à la charge du patient, ou sont réglés par sa mutuelle, selon le contrat. 

6- Quels sont les avantages d’un séjour en SSR ?

Il garantit une surveillance et des soins spécifiques. Il est rassurant d’un point de vue médical et psychologique. C’est aussi un sas de décompression, une période transitoire entre la vie à l’hôpital et le retour au domicile qui peut s’avérer difficile pour certains.  Le patient y est entouré, et peut récupérer tranquillement sans se soucier des tâches du quotidien.  C’est un temps qui permet également la mise en place de différentes aides pour le retour au domicile.

Céline Roussel