“Ma vie pour la tienne”, le film qui marquera une génération de “crabounets” | la maison du cancer

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Mercredi 9 septembre 2009, en plein désert de la rentrée cinéma, beaucoup moins animée que la rentrée littéraire et ses 659 romans, un film sort du lot comme une aiguille d’une botte de foin. Ma vie pour la tienne de Nick Cassavetes avec Cameron Diaz, Alec Baldwin et Abigail Breslin (la petite fille talentueuse de Little miss Sunshine).

Le film aborde une histoire vraie adaptée du roman My Sister’s Keeper de Jodi Picoult, un best-seller américain.

Voici le pitch : Une jeune fille de 11 ans (Abigail Breslin) attaque ses parents en justice pour demander son émancipation. La jeune fille leur reproche d’avoir été conçue dans le seul but de disposer d’un individu compatible génétiquement avec sa soeur. Une soeur rongée par le cancer, et dont elle pourrait prolonger la vie.

Le film plonge le spectateur en plein cœur de la problématique de la jeune fille sans nous conduire maladroitement dans le jugement. Il nous fait regarder, écouter, chercher à comprendre comment les parents en sont arrivés à prendre cette décision. La famille est au cœur du sujet avec le père, la mère (Cameron Diaz époustouflante), la petite sœur, le frère et la sœur malade.

Dynamique, touchant, dès les trente premières minutes, le mouchoir devient un accessoire indispensable que vous ne lâcherez plus. Sofia Vassilieva (actrice vue dans Médium) joue à la perfection la jeune fille atteinte d’une leucémie. Le spectateur s’attache, prend place par procuration, ressent sa douleur, son désarroi et vit avec elle ses premières fois (vie amoureuse, vie sexuelle, etc.). Entre joie et peine, sa petite sœur s’affirme et prend les choses en main pour ne plus être le pantin de ses parents. Les acteurs jouent juste et nous touchent en plein cœur. Un dénouement formidable vous arrache toutes les larmes du corps. Pour la bonne cause, promis.

Oui, on pleure. Une partie des critiques cinéma n’a pas aimé ce film parce qu’elle lui reproche d’utiliser des ficelles trop faciles et d’être un mélo cancéreux à base de sacrifice familial, de voix off philosophique. Un tel cynisme demeure à mon avis une véritable blague de mauvais goût. Tant pis pour les critiques, les spectateurs aiment, il suffit de voir la réaction dimanche après midi dernier d’une salle d’un multiplexe parisien au début fort dissipée et à la fin incroyablement scotchée par ce tsunami émotionnel.

Et pour tous ceux qui vivent une telle épreuve, voici enfin un film contemporain, bien ancré dans notre époque qui expose les difficultés de la maladie sans fioritures, un film qui parle de cancer, de mort, de vie, d’une famille brisée par ce crabe teigneux avec un langage adapté à nos propres existences.

Vraiment, ce film est un bijou et représente bien la jeunesse cancéreuse, la génération « crabounet-crabounette ». Proches de malades, anciens malades, professionnels de la santé et tous les autres, ce film est pour vous. Il vous permettra de comprendre ce qui se passe dans la tête et dans la vie des gens malades. Ceux qui sont en plein combat, battez-vous et attendez le bon moment pour voir ce film. Le choc est inévitable, la vraie vie transperce l’écran.

La bande annonce, c’est ici

Christophe Mangelle.

Retrouvez le site de Christophe.

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