Regard drôle d’un homme sur sa perte de tifs | la maison du cancer

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Pascal parle de la confrontation de l’homme avec son image lorsqu’il perd cheveux et poils. Parce que, dit-il, les femmes, n’ont pas le monopole du mal être en la matière. Ce quadra a choisi de tourner en dérision cet épisode douloureux de la chimio. L’humour comme rempart contre une maladie cruelle. 

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Quel étrange paradoxe que de voir cohabiter dans les principales préoccupations de l’annonce d’un cancer, ces deux phrases: vais je mourir docteur et, mais comment vais je  faire  pour mes cheveux pendant les chimios? On pourrait trouver cette deuxième interrogation presque drôle, si nous n’étions pas dans l’univers hospitalier, voire inhospitalier dans le cas d’espèce. Cette question a visiblement largement dépassé les règles de la parité, car de plus loin que remontent mes souvenirs ou lectures , cette problématique métaphysique sur la perte des cheveux est la plupart du temps attribuée à vous Mesdames. Alors, il est temps ce jour de rétablir le déséquilibre ambiant en vous demandant très chères, de penser un peu à nous, confrontés aussi à cette épreuve plus psychologique que douloureuse.

Je serai donc le porte parole de la race simiesque dite supérieure appelé plus communément: l’ Homme! Et quand je dis Homme je parle de celui avec un grand S ….Comme Sapiens… C’est vrai que la calvitie chez l’homme  a pour vertu ou légende, de nous accorder des compétences affectives au delà de la moyenne alors que chez vous Mesdames, la perte de cheveux serait plutôt annonciatrice d’un sex appeal sur la pente fatale. Mais n’imaginez pas que devant cette chute capillaire je puisse faire dans le jugement “à tifs”, non j’essaierai d’étayer mes propos par des arguments factuels liés à ma triste expérience personnelle. Quoique triste, soit un peu fort, vu que j’étais déjà chauve avant les chimios. j’avais donc l’avantage énorme, d’avoir été déjà  confronté devant mon miroir à la terrible question:  ma mèche à la Adamo, je la mets a droite ou a gauche?

Plus sérieusement, et objectivement, ce n’est pas parce que nous avons compris votre difficulté à vivre cette mise à nu au grand jour de la maladie qui vous touche, que nous allons vous  laisser nous attribuer le statut de second sur le podium du mal être.Et ce n’est pas parce que chaque année vers le mois de novembre, on dénombre de moins en moins de poilus qu’il faut en déduire que “le with out pilosité” est à la mode. Vous avez imaginé notre état moral de découvrir que, ce qui nous servait de fourrure sur le torse, c’est un champ de peau d’orange que nous découvrions? Vous avez imaginé notre déception de ne plus pouvoir froncer le sourcil devant votre dernière utilisation de la carte bleue commune pendant les soldes?  Vous avez imaginé nos terribles douleurs thoraciques, liées au frottement de notre chaine en or (d’italien de carte postale) sur ce torse à nu, alors qu’avant, elle se logeait avec gourmandise, dans ce nid douillet et ouaté? Vous avez imaginé, l’abandon affectif dans lequel, nous allons nous retrouver, découvrant que plus jamais vous ne pourrez nous appeler Nounours?

Mais retrouvons notre sérieux, pour se souvenir qu’un matin au détour de l’analyse de l’oreiller estampillé CHR, les cheveux se carapataient en paquet de douze, et que devant un tel spectacle, notre main se précipitait , dans cette ex chevelure fournie, pour se voir confirmer, que notre imitation de Kojak ou Yul Brinner commençait a tenir la route.Et si tout ça n’était pas si grave, et que c’était simplement la manifestation de “l’efficacité” de la chimio, refusant toujours obstinément le cousinage avec Petrol Hahn?Et  si c’était plutôt le regard des autres qui devait changer pour nous faire oublier que nous avions pris la version décapotable? Et puis et puis…Moi je me trouve canon sans mes cheveux, on ne m’a jamais autant dit que j’avais un si  un beau regard, que j’avais la chance d’avoir un visage parfait , alors qu’avant tout le monde me confirmait que je n’avais pas une tête à chapeau…. 

De toutes façons, a partir d’aujourd’hui, ce n’est pas cette petite péripétie capillaire, qui va m’empêcher de me faire des cheveux , et que je fais fi de toutes les opinions, poil à Samson!

Pascal 

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