“Cachez ce sein coupé que je ne saurais voir” | la maison du cancer

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“Qui a déjà vu une cicatrice de mastectomie?” interroge Dominique Gros, sénologue. Il y aurait environ 250.000 femmes en France qui vivent avec un sein en moins. Seules 15% des patientes passent par une reconstruction mammaire… à la grande surprise de leur entourage. Faut-il diffuser des images de ces seins coupés? Pour certains, une telle vision est insoutenable, atteinte à la féminité, rappel du cancer… Pour d’autres, il faut montrer ces cicatrices pour “guérir le regard” portée par la société sur la féminité. Une réflexion de Dominique Gros, dans le numéro 1, vol 3 de notre partenaire Oncomagazine.

“Mi-endormi, mi-réveillé, un homme songe à son enfance. Malgré lui, des images surgissent et l’envahissent. « Maman est allongée dans la baignoire, elle a de l’eau jusqu’au cou. Je ne vois que sa tête, pas le corps. La tête seule et le poisson rouge, pas le buste de maman avec le sein coupé, le buste mutilé et monstrueux. Vous entendez bien, je ne vois pas ça, je ne vois pas ça, je ne vois que ma jolie maman. La tête de ma jolie maman et le poisson rouge. Le poisson rouge. Le poisson rouge. Rien que le poisson rouge, pas les seins, pas le sein coupé… Rien de vilain. Rien qui puisse faire peur… Je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de maman…”

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