Témoignage: “Il est difficile de poser toutes les questions que l'on veut aux médecins” | la maison du cancer

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En dépit des progrès dans la relation patients/médecins, il est parfois difficile de trouver auprès de la communauté médicale toutes les réponses aux questions que l’on se pose. Un témoignage de Roselyne, qui a eu deux cancers du sein à douze ans d’intervalle.

« Quand j’ai su que j’avais un cancer du sein, je l’ai dit à une amie, correctrice comme moi, qui m’a donné une documentation extrêmement fournie sur ma maladie. Ça m’a un peu effrayée. J’ai compris que j’avais le « choix » entre plusieurs options, notamment pour la reconstruction du sein : opération, prothèse… En même temps, cette amie, très favorable aux médecines douces, me conseillait de refuser l’ablation, en disant que l’opération allait engendrer une dispersion des cellules cancéreuses dans le corps. Je ne savais plus quoi penser, c’était assez angoissant. A un moment, je me suis dit : « Stop. J’ai pris ma décision : j’aime mieux vivre avec un sein que mourir « intacte » dans deux ans. » J’ai subi trois opérations et pour la reconstruction, je n’ai pas eu le choix : ce fut la prothèse.

Douze ans après, j’ai ressenti une gêne au niveau de celle-ci. Je pensais qu’il fallait la changer, mais en réalité, il s’agissait d’une récidive. J’ai posé des questions au cancérologue, mais pas autant que je voulais. S’agissait-il d’une récidive ou d’un nouveau cancer ? La première fois, je n’avais pas eu de chimiothérapie ni d’hormonothérapie ; cela aurait-il changé quelque chose si je l’avais fait ? Pendant la chimiothérapie qui a suivi ce deuxième cancer, j’ai essayé différents remèdes pour lutter contre les effets secondaires : ampoules de Ginseng pour diminuer la fatigue, gelée royale, phytothérapie. Je me suis intéressée aux médecines douces, j’ai cherché des informations sur Internet.

J’ai aussi été opérée pour éviter la formation d’un creux dans le thorax ; on a utilisé le muscle du grand dorsal. J’aurais aimé savoir avant les conséquences de cette opération. Aujourd’hui, je me sens « de guingois », et c’est encore douloureux. Les cancérologues ont du mal à entendre cela : pour eux, il faut éviter que le cancer tue. Ils sont dans des questions vitales. Je dois prendre également un traitement antihormonal, mais je m’interroge sur ses effets secondaires. J’ai l’impression d’avoir pris un sacré coup de vieux, d’avoir du mal à me lever le matin, comme si j’avais 80 ans et non pas 65. Sans compter les effets sur la peau ou la libido… Il est difficile de poser toutes les questions que l’on veut aux médecins. Ils sont tellement sûrs d’eux qu’il n’y a pas de place pour le doute. Pour eux, le cancer est un ennemi à vaincre par les moyens qu’ils ont trouvés. »

Si vous aussi, vous avez rencontré le même type de difficultés que Roselyne, n’hésitez pas à réagir à la fin de l’article ou dans le forum.

Propos recueillis par Claire Aubé. [email protected]