Magazine :: Dispositif d'annonce : peut mieux faire ! | www.la-maison-du-cancer.com

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L’annonce d’un cancer est toujours un traumatisme. Mais sa violence dépendra en grande partie de la manière dont elle s’est faite. Entre deux portes, au téléphone, bref en quelques mots assénés froidement, ou au contraire, avec toute l’humanité requise. Pour mieux encadrer ce moment douloureux, le plan cancer I a mis en place un diagnostic d’annonce. Qu’en est-il de l’application de ces mesures dans la pratique ?

 

Le téléphone sonne. Jeanne est seule chez elle. « Vous avez un cancer, s’entend-elle dire. On vous attend demain pour une hospitalisation ». Elle raccroche, avec cette impression nauséeuse du ciel qui s’est abattu sur sa tête. Certes, l’annonce de la maladie est toujours un traumatisme. Pour autant et plus encore, ne doit-elle pas être entourée de la plus grande humanité ? Tout est question de personne, et parfois de « grands » médecins se révèlent de bien piètres psychologues. D’autres, oncologues, gynéco, radiologues, médecins traitants, feront tout pour amortir le choc.

Pour contrer -un peu – ce côté aléatoire, le plan cancer I a mis en place un dispositif d’annonce pour lequel un budget de 15 millions a été débloqué. Depuis janvier 2006, les mesures ont été généralisées dans tout le territoire. Revenons sur les modalités de ce dispositif qui s’articule autour de quatre grands axes * :

– Un temps d’annonce et de proposition du traitement qui a été préalablement défini en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), soit un staff réunissant tous les médecins concernés : oncologue chimiothérapeute, radiothérapeute, anapathologiste etc…Ce moment d’annonce peut correspondre à un ou plusieurs rendez vous avec un médecin. La stratégie thérapeutique est ensuite remise au patient sous forme d’un programme personnalisé de soin (PPS).
 

-Un temps d’accompagnement est proposé immédiatement ou à distance de cette première consultation. Il est généralement assuré par un infirmier qui va reformuler les informations déjà collectées -et souvent oubliées dans le stress de l’annonce-, proposer le recours à d’autres professionnels de santé (psychologues, services sociaux..) et renseigner sur les différentes associations ou espaces d’informations (Espace Rencontre Information, ERI) présents dans l’hôpital. Un accompagnement qui permet au patient et à ses proches de poser toutes les questions nécessaires à la compréhension de son protocole de soin.

-L’accès aux soins de support est proposé : kinésithérapie, psycho-oncologue, assistante sociale, soins esthétiques…..

– Enfin, une liaison très étroite est établi avec le médecin traitant. En effet, c’est lui qui connait le mieux son patient (situation familiale, socio-professionnelle, financière, psychologique…). Il a souvent pour tache d’expliquer une nouvelle fois un diagnostic ou un protocole de soin, de soulager une détresse psychologique ou les effets secondaires de la chimiothérapie par exemple… Pour assurer ce suivi, il reçoit un double de tous les actes thérapeutiques et examens pratiqués à l’hôpital.

En théorie, des mesures bien pensées mais dans la pratique ? Elles sont loin d’être généralisées et de grandes disparités existent entre les centres.  On voit encore des annonces de cancer faites à la va vite, presque entre deux portes, sans aucune prise en charge psychologique, des diagnostics posés sans concertation, des infirmières quasi inexistantes. Ne parlons pas des propositions concernant les soins de support… Ailleurs, des patients seront accompagnés avec tout le professionnalisme et la douceur requis. Force est de constater qu’une fois de plus,  nous ne sommes toujours pas égaux dans la qualité des soins et de la prise en charge lors d’un cancer.

Catherine Cerisey

* source : « Le dispositif d’annonce du cancer » édité par l’Inca et la Ligue Nationale contre le Cancer

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