Astuces et médecines complémentaires contre les effets secondaires | la maison du cancer

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Chute des cheveux, aphtes, fatigue, perte de poids… Autant de conséquences des chimiothérapies qu’il faut essayer de contrer. Quelques trucs, astuces et médecines complémentaires existent pour soulager ces désagréments plus ou moins douloureux. Fabienne Njepel, infirmière en oncologie médicale à l’HEGP AP-HP,  nous prodigue ses conseils.

 

A faire avant la chimiothérapie :

– Le premier réflexe à avoir avant de commencer une chimiothérapie est de prendre rendez-vous avec une infirmière d’annonce, spécialement formée pour accueillir, écouter et orienter les malades atteints de cancer. Elle pourra vous diriger vers différents services pouvant s’avérer utiles, comme un diététicien ou une psychologue.

– Autre préconisation, pour aborder plus sereinement la chute des cheveux, probable en cas de chimiothérapie, se les couper court avant de commencer le traitement. Ceci afin d’éviter un choc trop violent par la suite.

A faire pendant la chimiothérapie :

Les effets secondaires sont multiples pendant la chimiothérapie :

– Je conseille toujours aux patients de tenir un «carnet anti-douleur» dans lequel il notera ses sensations, sur une échelle de 1 à 10 face à sa douleur et sa fatigue. A chaque fois que le malade ressent un pic de douleur, il faut le notifier. Cette douleur était-elle vive ? Lancinante ? Est-elle passée rapidement ? A-t-il pris un médicament pour la faire passer? Cela a-t-il été utile ? Cela afin de guider aux mieux les équipes anti-douleur dans leurs prescriptions.

– Pour affronter la perte de poids, il faut miser sur la nourriture plaisir. Lorsque l’on n’arrive à avaler que très peu de choses, mieux vaut manger fractionné, de petites quantités mais qui vous font plaisir, plutôt qu’un gros repas qui ne passera pas. Pourquoi ne pas prendre rendez-vous avec un diététicien, généralement présent dans les services d’oncologie ? Il pourra diriger le patient vers des recettes riches en protéines afin d’éviter la fonte des muscles.

– Contre les aphtes, une seule solution, les bains de bouches. Le patient ne doit pas hésiter à en user et en abuser.

– Pour endiguer les nausées et vomissements, il existe désormais de nouveaux médicaments antiémétiques très efficaces. Administrés une heure avant la chimiothérapie et également le lendemain et le surlendemain, ils sont une petite révolution dans la lutte contre ces effets secondaires extrêmement handicapants.

– Autre petit remède miracle, bien connu, le coca-cola. Sans bulle, il a fait ses preuves contre les diarrhées. Avec, il se révèle efficace contre la constipation. Alors même que certains médicaments ne fonctionnent pas !

– Le syndrome main-pied est un autre effet secondaire très gênant et douloureux, contre lequel il existe peu de solutions. Comme son nom l’indique, il touche les paumes des mains et des pieds et se traduit par l’apparition de rougeurs, d’engourdissements et de fourmillements. Il faut alors éviter les sources de chaleur, comme les bains trop chauds et mettre une crème émolliente. Autre petit truc, placer du papier-bulle dans ses chaussures lors des déplacements.

– De nombreuses techniques de médecines complémentaires sont efficaces contre les effets secondaires. L’auriculothérapie, une discipline d’acupuncture de l’oreille, permet d’amoindrir les nausées, les bouffées de chaleur et la fatigue. De même que la réflexologie et la sophrologie sont efficaces pour gérer le stress et garder un bon moral. L’ostéopathie soulage quant à elle les douleurs articulaires. Il ne faut pas hésiter à explorer ces médecines, qui parfois, peuvent faire des miracles.

A faire après la chimiothérapie :

– Les techniques de médecines douces citées auparavant sont également à prescrire après le traitement, notamment pour leurs effets contre le stress, la fatigue et pour garder le moral.

– Une des obsessions des patients après la chimiothérapie est de reprendre le poids qu’ils ont perdu. Se mettre au sport, lorsque cela est possible, peut se révéler bénéfique pour regagner en masse musculaire. De même, il a été prouvé que la remise en forme était plus rapide lorsqu’elle était conjuguée à une activité sportive

– Enfin, dernier conseil, surprenant mais à mettre en pratique autant qu’il sera possible : rire. Celui-ci fait travailler 400 muscles, amène des cathécholamines, substances proches de la morphine (antistress et antidouleur), détend les zygomatiques, fait travailler la cage thoracique et permet ainsi l’oxygénation et la détente du corps. Bref, il détend jusqu’au bout des orteils notre million de milliards de cellules qu’est notre corps ».

Cécile Cailliez