Magazine :: Ma psy et moi | www.la-maison-du-cancer.com

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Je sais, vous êtes nombreux à ne pas vouloir entendre parler d’un psy. « On n’est pas fou, on est malade, nuance ! », dites-vous. Le premier conseil que j’ai reçu à l’annonce du cancer, était : « va voir un psy sinon tu feras une dépression un jour ». Alors, j’ai écouté, et bien m’en a pris. Certes, j’ai eu la chance de rencontrer une femme extraordinaire. Rien à voir avec un vieux barbu taciturne assis de l’autre côté d’un divan. Elle, elle a l’écoute qui revigore. Bien sûr, j’ai usé une tonne de kleenex : j’ai pleuré parce que j’avais peur, peur de mourir et d’abandonner ma fille –à l’époque âgée de trois ans – mon mari, ma famille. J’ai pleuré d’épuisement, de rage de voir mes cheveux tomber et ma féminité sombrer, sangloté de me voir récidiver quelques quatre ans plus tard… A elle, je peux tout confier, aller dans les moindres recoins de mes petits et grands  tourments.

En sortant de ce tête à tête, j’ai l’impression que les mots, pour les avoir prononcés, ont allégé ma peine. Et puis, c’est autant de douleurs psychologiques que je n’inflige pas, enfin le moins possible, à mon entourage. Par ailleurs, je n’ai jamais connu la dépression post traitement. Un « trou d’air » pourtant très courant après la fin du parcours médical. Car après le premier coup de massue, on entre très vite dans un protocole. Puis, tout s’arrête, tout s’espace, et ce jour là, on est seul face à toutes ces peurs qui, enfouies le temps de l’action, remontent à la surface. J’ai préféré quant à moi les gérer au fil de l’eau. Un choix très personnel mais qui m’aide jour après jour.

Anouchka