Cancer de la prostate : vers des traitements moins invalidants | la maison du cancer

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Le traitement du cancer de la prostate a de redoutables effets secondaires, comme l’incontinence et l’impuissance. Il existe quelques solutions pour y remédier. Mais pour préserver le plus longtemps possible la qualité de vie des patients, certains médecins s’acheminent, lorsque cela est possible, vers des stratégies thérapeutiques plus douces et moins invalidantes.

Le cancer de la prostate est redouté par les hommes. Et pour cause : il touche aujourd’hui une population importante (71 000 hommes en 2009 d’après les chiffres de l’Institut de Veille Sanitaire) et a de redoutables effets secondaires. En effet, ceux-ci altèrent de façon importante leur vie intime et leur intégrité physique.
L’éventail des stratégies thérapeutiques est large mais certains protocoles peuvent entraîner des séquelles très invalidantes comme l’incontinence et l’impuissance. Les chiffres se rapportant à la prostatectomie (ablation de la prostate), traitement de référence en France aujourd’hui, sont accablants : selon les statistiques publiées par l’ANAMACaP (Association Nationale des Malades du Cancer de la Prostate), 32% des hommes se plaignent de fuites urinaires un an après une ablation de la prostate. Selon l’étendue de la tumeur et l’importance du geste chirurgical, on note par ailleurs une baisse de la fonction érectile dans 41 à 80% des cas (selon le site www.santé.gouv.fr).  A un degré moindre, la radiothérapie provoque des complications similaires tandis que l’hormonothérapie et la curiethérapie ont moins d’effets secondaires.

« Pour l’incontinence, des solutions existent, explique Françoise Soros, kinésithérapeute spécialiste en rééducation uro-gynécologique. Suite à une chirurgie ou une radiothérapie, je propose aux patients une rééducation périnéale et comportementale.  Une amélioration peut être obtenue après 6 mois à un an de séances bihebdomadaires pour renforcer le plancher pelvien. Mais le maître mot est patience ! »

Quant aux remèdes proposés pour pallier à l’impuissance, ils ne sont pas toujours faciles à accepter. Auto-injection dans la verge, médicament destiné à provoquer une érection, prothèse pénienne sont les armes dont disposent les thérapeutes.  Dans certains hôpitaux,  les équipes pluridisciplinaires se sont enrichies de sexologues. Ils aident les couples à démystifier ces solutions délicates et à les intégrer dans leur vie sexuelle.

Face à ces effets secondaires dévastateurs, des médecins encouragés par les associations de patients, commencent à envisager d’autres options thérapeutiques. D’autant plus que selon les chiffres de l’ANAMACaP, 60% d’hommes seraient porteurs d’une forme indolente de ce cancer (forme asymptomatique de la maladie qui évolue très lentement).
Dans un communiqué à ses adhérents, l’ANAMACaP relaye les propositions du Professeur Olivier Cussenot, chirurgien urologue à l’Hôpital Tenon : utiliser les nouvelles techniques de dépistage (biomarqueurs, différentes expressions du PSA (Antigène Spécifique Prostatique), techniques modernes d’imagerie), afin de différencier les formes indolentes des formes agressives ; et  prescrire de l’hormonothérapie en première intention pour ces cancers moins invasifs.

De grands centres (l’hôpital Tenon et la Pitié Salpétrière à Paris, les CHU d’Angers et de Dijon) ont d’ores et déjà mis en place des protocoles axés sur une “surveillance active “ des cancers peu évolutifs et l’introduction de stratégies thérapeutiques moins lourdes. Avec à l’arrivée, l’espoir d’une meilleure qualité de vie pour de nombreux hommes touchés par la maladie.

Catherine Cerisey

Le site de l’ANAMACaP 

Le site de l’INca