Foutus marqueurs ! | la maison du cancer

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Aujourd’hui, je l’avoue, j’ai fait l’autruche. Toutes les trois semaines depuis plus d’un an, je guette l’évolution de mes marqueurs (CA 15-3 pour le cancer du sein). Et là, je les ai proprement snobés. Autant attendre le prochain scanner avant de céder à la panique. Plus facile à dire qu’à faire car ces foutus marqueurs ont tout de même signé en juillet 2008 le début de mon cauchemar.

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Alors qu’ils étaient d’une stabilité exemplaire pendant plus de trois ans et demi (depuis mon premier cancer), voilà qu’ils s’étaient mis à grimper. Dans des proportions raisonnables car ils étaient en dessous du seuil « normal » indiqué par le laboratoire. Mais quand même, ils m’ont mis la puce à l’oreille. Lorsqu’ ils ont augmenté pour la deuxième fois en quelques mois,  la mort dans l’âme, je suis retournée consulter à l’hôpital.  « Même si les marqueurs restent en deçà de la norme, ce qui  peut être inquiétant c’est lorsqu’ils font un bond de 25 % », m’a expliqué l’oncologue. Histoire de me donner une bouffée d’oxygène, il m’a expliqué aussi qu’ils pouvaient s’affoler pour de multiples raisons (infectieuses entre autre). J’ai donc refait une analyse de sang dans leur labo. Deux points au dessus de « leur » norme, et ce fut le branle bas de combat. Soumise à un pet scan (une sorte de scanner plus sophistiqué), le résultat fut sans appel : métastases en vue sur la plèvre….

Depuis, c’est sûr, je regarde mes marqueurs de travers. Bien sûr, je leur suis reconnaissante car s’ils n’avaient pas réagi, je serai toujours en train de couver à petit feu mes métastases. De l’autre, je les déteste cordialement. Pas quand ils baissent à vue d’œil, il est vrai, mais lorsqu’ils s’amusent à me torturer en remontant. Et depuis deux mois maintenant, ils n’ont rien trouvé de mieux que de faire des bonds de dix en dix. La première fois, l’oncologue s’est voulue rassurante. « Sous ce protocole de chimio orale, ils peuvent varier, c’est normal », m’expliqua-t-elle. « Ils sont encore dans la norme ». Oui mais depuis, ils ont encore sursauté, un peu. Alors, c’est quoi la norme ? Rien à faire, les caprices de mes marqueurs ont crée une jolie petite boule au creux de mon ventre. « Ah ces marqueurs, les patients y accordent beaucoup trop d’importance », tente de me rassurer une infirmière. Certes, mais à quoi d’autres se raccrocher quand on lutte avec un ennemi si sournoisement tapis ?Anouchka