Protéger sa peau pendant les traitements | la maison du cancer

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Desséchement, irritations, démangeaisons… Certains traitements anticancéreux ont des effets indésirables sur la peau. En adoptant quelques règles d’hygiène et les bons produits cosmétiques, notamment pour préserver la fine couche de gras qui nous protège des agressions de l’extérieur, on peut toutefois prévenir ou atténuer ces désagréments. Voici quelques pistes réparatrices.

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Le B.A BA : se laver avec soin !

Face aux problèmes de dessèchement, le meilleur allié de notre peau reste la fine couche de gras, appelé film lipidique, qui la recouvre totalement. Pour préserver cette barrière de protection mise à mal par certains médicaments, il est recommandé d’utiliser, pour la toilette, des savons sans savon que l’on appelle aussi syndets. « Ces produits existant sous forme de pains  solides ou de gels douche ont été élaborés au départ pour traiter les problèmes d’eczéma. En plus d’être très doux, ils laissent leur propre film lipidique sur la peau, permettant de renforcer davantage les défenses cutanées », explique le Dr Lucie Peuvrel, chef de clinique au service Cancéro-dermatologie du CHU de Nantes. Toujours dans l’idée de préserver au maximum « le gras » de la  peau, mieux vaut opter pour une douche plutôt qu’un bain. « Si l’on reste longtemps dans l’eau, notre peau s’en imprègne, elle devient perméable. Le film lipidique se retire et laisse un terrain idéal au phénomène de desséchement. Il n’est toutefois pas interdit de prendre un bain, mais à condition de ne pas y rester trop longtemps et de bien « regraisser » sa peau juste derrière », ajoute le Dr Peuvrel. 

Choisir des produits adaptés pour s’hydrater

En optant pour des gammes de produits anti-eczéma ou élaborées pour peau atopique, c’est-à-dire propice aux allergies, on doit obtenir une bonne hydratation. « Ce sont des produits aux formules simples et au nombre d’actifs limités. Les baumes, très gras et les cold creams sont également tout à fait indiqués dans le cadre d’un cancer », note le Dr Lucie Peuvrel. A bannir en revanche : toutes les crèmes contenant des hormones type DHAE, oestrogènes ou autres, dont l’action peut être néfaste. Tout comme celles contenant des parfums, car celles-ci contiennent de l’alcool, un agent plutôt irritant. Méfiance également avec la phytothérapie. « Les plantes ont bien évidemment des vertus, mais on ne maîtrise pas très bien leur action lorsqu’elles sont mélangées entre elles. Certains soins peuvent provoquer allergies et irritations. Moins surveillées, les formules de phytothérapie peuvent par ailleurs se révéler moins stables dans leur tube, et donc moins efficaces.»

Le bon réflexe contre le syndrome main-pied

Avant de recourir à la cosmétologie, un peu de bon sens. Il est possible d’agir préventivement face à ce syndrome (desséchement cutané et crevasses sur la paume des mains et la plante des pieds). Les deux bons réflexes à adopter : le port de gants lors d’activités manuelles et de chaussures confortables au quotidien « Les lésions apparaissent là où il y a des frottements. Plus les chaussures seront souples, et moins il y aura donc de frictions. Il est également important de couper régulièrement les ongles des orteils, pour empêcher les uns de blesser les autres. Mais attention, pas à ras, car coupé trop court un ongle peut avoir du mal à retrouver son axe et repousser comme un ongle incarné », souligne le Dr Lucie Peuvrel. Enfin si jamais de la corne apparaît au niveau des mains et sous les pieds, ce sont les crèmes à base d’urée qui s’avèreront les plus efficaces. « L’urée à petite dose aura un effet soulageant et hydratant, et kératolytique, c’est-à-dire lissant et désépaississant,  utilisée en plus forte quantité.» Voici donc le soin à avoir toujours à portée de main.

Le brumisateur,  une bonne idée !  

En cas de démangeaisons, sensations de brûlure et de chaleur, un pschitt d’eau thermal peut être salutaire et plus apaisant encore si la bombe sort du  réfrigérateur. «  Ce qu’il faut, c’est vaporiser la zone douloureuse puis la tamponner avec une serviette, sans jamais frotter, toujours dans l’optique de ne pas agresser le film lipidique de la peau ».

Céline Roussel