Radiothérapie : apaiser les effets secondaires | la maison du cancer

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Bien que la durée d’irradiation ne dépasse pas quelques minutes par séance, une radiothérapie entraîne des effets secondaires parfois minimes, mais toujours gênants. Sous l’expertise d ’Isabelle Fromantin, infirmière à l’Institut Curie et docteure en Science et Ingénierie, voici quelques pistes pour retrouver le bien-être.

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En cas de rougeurs  

L’érythème est un effet secondaire cutané quasiment inévitable qui apparaît généralement entre la troisième et la quatrième semaine d’irradiations. Mais alors que l’industrie pharmaceutique propose actuellement une large gamme de traitements potentiels, les incertitudes persistent quant au traitement local optimal, que l’on se situe dans une stratégie préventive ou curative. Le traitement des radiodermites ne fait pas l’objet d’un consensus et aucune des études publiées ne propose réellement de solutions efficaces.  En attendant, les protocoles restent extrêmement variés et les avis partagés. Prudence donc.

En cas d’apparition de rougeurs, ne prenez  pas l’initiative (sur les conseils du pharmacien ou d’une amie) d’appliquer sur la zone traitée une crème nourrissante, un gel hydratant aqueux ou tout autre topique dit « apaisant » sans en avoir  discuté au préalable avec votre radiothérapeute. Lui seul est habilité à vous prescrire un soin local adapté car il connaît votre dossier mieux que personne. En recourant, sans son avis, à l’utilisation d’une substance grasse pour apaiser l’érythème, vous risquez de majorer la toxicité des rayons à la surface de la peau. C’est un peu comme si vous appliquiez de l’huile avant d’aller au soleil…

 – Pendant tout le traitement, prenez garde aux rayonnements ultraviolets, même en hiver ou en automne, en protégeant la zone traitée, notamment le cou en cas d’irradiation de la sphère laryngée  (cf Article : Radiothérapie, le point sur la fatigue, les crèmes et le soleil)

Irritations cutanées

Dans tous les cas, il est recommandé d’éviter les facteurs favorisants irritatifs et de prendre soin de sa peau sur le site irradié bien qu’elle soit recouverte de marquages (effectués au marqueur indélébile et/ou sur des patchs de films semi-perméables).

– Le lavage de cette zone doit être délicat, s’effectuer à l’eau avec un produit sans savon au ph neutre, voire un gel pour l’hygiène intime. Il existe des controverses quant à l’utilisation du savon de Marseille en cours de radiothérapie. Alors qu’il reste le plus souvent recommandé par les radiothérapeutes, certains considèrent qu’il pourrait être nuisible et lui préfèrent au contraire l’utilisation d’un savon surgras.

N’hésitez pas à vous doucher à l’eau tiède plusieurs fois par jour en cas de transpiration excessive (en été, après un effort, par exemple) afin d’éviter la macération propice aux irritations et aux lésions.

– Les inflammations se manifestent davantage dans les zones humides et au niveau des plis cutanés. Il faut donc sécher avec précaution ces endroits et  notamment au niveau du sillon sous mammaire chez les femmes à poitrine forte. Tapotez avec une serviette éponge ou utilisez un sèche-cheveux, à air froid uniquement.

– Pour limiter au maximum tout ce qui pourrait favoriser la transpiration, remplacez les sous-vêtements irritants en synthétique par de la soie ou du coton, du bambou ou de la rayonne. Ces textiles sont plus absorbants et confortables que le polyester.

Evitez tout ce qui comprime ou serait susceptible de provoquer des microtraumatismes (armatures de soutien gorge). 

Utilisez des lessives douces pour vos vêtements et utilisez, si vous ne pouvez vous en passer, très modérément l’adoucissant car il peut être source d’irritations.

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– Pour calmer ces inflammations de la muqueuse buccale, vous pouvez faire des bains de bouche avec du Bicarbonate de sodium 1,4% ; il est parfois conseillé aussi de mélanger de l’eau à du glycothymoline (un bain de bouche sans alcool).

En marge de ces règles d’hygiène très importantes, l’homéopathie peut être une aide précieuse sur certains effets secondaires, notamment sur les érythèmes débutants. L’acupuncture, agit quant à elle, particulièrement sur la perte de vitalité et la fatigue inhérente à ce traitement et qu’il ne faut pas négliger. (cf. Pour en savoir plus)

Elisabeth de La Morandière

Pour en savoir plus

 « Traitements de support homéopathiques en cancérologie » Jean-Claude Karp, François Roux. Ed. CEDH International                                                                                   

« Qi Gong au féminin – Au rythme des saisons », Docteur Depondt Gadet, Ed. Chariot d’Or.  

« Savoir rester belle pendant et après les traitements anti-cancer », Aury Caltagirone, socio esthéticienne à L’Institut Gustave Roussy. Ed. Salutaires.