Radiothérapie : le point sur la fatigue, les crèmes et le soleil | la maison du cancer

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Entre les « on dit » circulant dans les salles d’attente et les avis parfois contradictoires des médecins, pas facile de distinguer le vrai du faux en matière de radiothérapie. Le professeur Christophe Hennequin, agrégé d’ Oncologie en radiothérapie à l’Hôpital St Louis de Paris, nous aide à voir plus clair sur l’interaction entre rayons et fatigue, crèmes et soleil.

 

«Les rayons fatiguent »

«Pas forcément. Dans les cas d’irradiation prostatique seule, par exemple, la réaction au traitement est modérée. Mais les allers – retours quotidiens auxquels sont contraints les patients, des kilomètres en ambulance parfois, les fatiguent beaucoup. Dans les traitements plus lourds (tumeurs cérébrales, ORL ou pulmonaires), on observe bien sûr des réactions plus longues et plus fatigantes. Dans ces cas, c’est parce que la radiothérapie arrive en bout de chaîne, après des opérations et des semaines de chimiothérapie. On lui attribue pour cela la faculté d’épuiser.  Dans les traitements du sein, notons au passage que la radiothérapie provoque parfois des réactions inflammatoires (œdème, élancements dans la poitrine décrits comme des « coups d’aiguille », rougeurs et…) qui peuvent durer au moins deux mois  et parfois jusqu’à un an, un an et demi encore après les dernières séances. »

« On ne doit pas mettre de crème sur la zone irradiée »

« Jamais avant une séance, en effet. La zone à traiter doit arriver parfaitement propre et sèche pour recevoir les rayons. Mais on peut mettre une crème hydratante après les séances, le soir au coucher par exemple. Toutefois, aucune étude scientifique a jamais prouvé que les crèmes limitaient les effets réactionnels aux rayons.  Attention néanmoins aux crèmes allergisantes : lorsqu’ apparaissent sur la zone irradiée des petits vésicules rouges de type eczémateux, il faut tout de suite cesser l’usage de crème ».

«On doit éviter le soleil dans l’année qui suit la radiothérapie »

« Sur la zone irradiée seulement. Ceci pour éviter ce qu’on appelle le recall effect, un rappel de la réaction type « coup de soleil » qu’on a pu avoir pendant le traitement. Il faut donc protéger la zone. On peut aller se baigner, s’exposer sur la plage mais en portant un tee- shirt ou en protégeant le décolleté si on a traité les seins par exemple. Dès le premier soir, si on se rend compte que la peau devient écarlate, il faudra en plus mettre régulièrement de la crème haute- protection. Mais la peau étant ce qu’il y a de plus personnel, chaque patient réagit différemment au soleil ». 

Pascal Senk

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