Rose magazine : les malades ont leur « féminin » | la maison du cancer

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Nouveau gratuit destiné aux femmes touchées par le cancer, Rose magazine est semestriel.  Sa vocation : être utile à ses lectrices dans leur quotidien, sans être dénué de glamour. Céline Lis- Raoux, sa co-fondatrice, revient sur la genèse du projet et ses ambitions à venir.

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LMC : comment est née l’idée de lancer « Rose Magazine » ?

C.L : Le déclic est venu de ma propre expérience de malade. Comme la plupart des patientes, je n’étais pas préparée à affronter le cancer, et me suis retrouvée face à un flot de problèmes et de questionnements. Par exemple : « Comment en parler à mes enfants ? ».  Mon métier de journaliste m’a aidée à trouver les réponses. Puis j’ai écrit un livre « L’impatiente », paru aux éditions Lattès, inspiré de mon vécu. Beaucoup de femmes s’y sont retrouvées, m’ont écrit, et fait part de leurs difficultés sociales, financières, familiales. La plupart n’avaient pas eu cette même chance que moi, d’accéder aux informations et d’être entourée. C’est vraiment là que l’idée de lancer un magazine destiné à ces femmes a germé. Avec ma propre expérience, et mon savoir-faire de reporter, je savais que je pouvais les aider. Ensuite, j’ai parlé de ce projet à mon amie Céline Dupré, co-directrice de l’agence Comm-Santé, qui a accepté de me suivre, et qui est avec moi la co-fondatrice de « Rose Magazine ».

LMC : à qui s’adresse plus particulièrement « Rose » et quels sont ses objectifs ?

C.L : Le magazine s’adresse aux femmes, touchées par le cancer, mais pas seulement celui du sein. Tous les cancers sont évoqués. Dans notre prochain numéro printemps été, il y aura un focus sur le mélanome. L’ambition de « Rose » est avant tout d’être utile, apporter des solutions et des réponses pratiques. Dans le premier numéro, un large papier est consacré à la reprise de travail, par exemple.  Il y a par ailleurs un guide des aides sociales. Enfin nous voulons sortir les femmes du milieu de la maladie en leur proposant parallèlement un peu de glamour, de rêve et de légèreté via des pages beauté et mode.

LMC : justement, n’était-ce pas osé de proposer un « cahier mode » avec des marques assez onéreuses à des femmes qui ont sans doute d’autres priorités ?

C.L : Ça l’était, oui.  Mais c’est un parti pris. Puisque l’idée de départ était de faire un vrai féminin, un bel objet qu’on a envie de garder, il fallait aller jusqu’au bout et inclure, comme dans n’importe quel autre magazine du genre, des pages mode agréables à regarder, qui peuvent donner des idées. Ce n’est pas déplacé, personne n’est obligé d’acheter ! Et puis c’est grâce à ces publicités, que nous avons pu sortir un journal gratuit, tout en payant correctement les personnes qui y ont contribué. Sans ces pubs, le coût du magazine tournerait autour de 5 euros. Ces pages permettent tout simplement à ce journal d’exister.

LMC : vous lancez dans « Rose » le « Manifeste des 343 cancéreuses », pour que le cancer ne soit plus « une maladie infamante, et aussi handicapante socialement qu’elle l’est physiquement ». Quelles sont exactement ses fins ?

C.L : Nous faisons, via ce manifeste, des propositions extrêmement précises d’un point de vue social pour améliorer la qualité de vie des femmes malades. Je tiens particulièrement à l’idée de créer un statut de « malade chronique », qui permettrait la reprise d’une activité « light », assortie d’une aide de l’état, deux mécaniques qui jusqu’ici ne peuvent pas se combiner et entraînent souvent isolement social et précarisation.  Ce manifeste sera porté aux candidats à la Présidentielle début 2012. Nous leur demanderons à tous leurs engagements sur les questions soulevées qui concernent, ne l’oublions pas, un nombre croissant de personnes, malades, proches et toutes les femmes… Le bilan sera dressé dans le numéro 2 de « Rose » à paraître début avril.

LMC : est-il encore possible de se procurer « Rose magazine », et comment signer le  manifeste ?

C.L : Les derniers exemplaires se trouvent dans les comités de la Ligue contre le Cancer, mais plus vraiment dans les hôpitaux. Les lectrices peuvent toutefois retrouver tous les sujets traités dans le premier numéro sur notre site Internet , et aussi signer le manifeste en ligne, ou par courrier en envoyant leur nom et adresse à l’Association Rosana, dont dépend le magazine. Toutes les militantes sont les bienvenues.

Propos recueillis par Céline Roussel

Association ROSANA

29 rue de Tivoli

33 000 Bordeaux.