Quand la foi porte l’enfant… | la maison du cancer

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L’écrivain Michel Séonnet raconte l’histoire vraie d’Ambroise Ficheux, un garçon atypique atteint par un cancer des os qui lui sera malheureusement fatal. Mais ce récit poignant montre comment la spiritualité peut aider à traverser l’épreuve de la maladie.

Il s’appelait Ambroise. C’était un jeune adolescent passionné de foot et de musique que rien ne semblait distinguer de ses pairs. A ceci près : à l’âge de 12 ans, les médecins lui diagnostiquent un sarcome d’Ewing, une forme rare de cancer des os. Autre particularité : le garçon est porté par la foi. Pas une religiosité de pacotille mais une spiritualité vivante, authentique qu’il incarne chaque jour et dont il ne doutera jamais. C’est la rencontre avec ce personnage atypique qui constitue un témoignage rare. Comment ne pas être surpris par l’absence de colère que pourrait légitimement ressentir Ambroise après l’annonce du cancer qui vient de manière injuste de le désigner ? Sans apitoiement ni résignation, le jeune adolescent accepte l’épreuve et traverse au jour le jour ce qui lui est donné à vivre avec la certitude d’être accompagné. Le guide est ici un peu particulier : il s’appelle Jésus-Christ.

« On ne souffre jamais seul » Ambroise

Bien entouré et porté par une famille aimante, Ambroise puisera dans ce lien spirituel une force et un courage exemplaires pour traverser la peur, la douleur et les inévitables moments de découragement. Et comme toute belle amitié exige qu’on en prenne soin, il insistera auprès de sa mère pour assister à la messe de Noel malgré son état de faiblesse. Un vendredi saint, en classe, le voilà qui fait une requête particulière auprès de son professeur et des élèves : demander une minute de silence pour le Christ. Tandis que sa fin approche, à bout de forces, il sera présent à la cérémonie de confirmation qu’il n’aurait voulu manquer pour rien au monde. Quand il prie, ce n’est pas pour obtenir sa guérison mais pour demander le soutien et la force de traverser les difficultés. D’un naturel joyeux, Ambroise sait aussi profiter de chaque moment agréable : l’amitié de ses camarades, un match de foot, un moment de partage en famille… Dans ses carnets que la famille retrouvera après sa mort, on retiendra deux phrases clés : « Je ne serai pas allé loin sans Jésus » et « On ne souffre jamais seul ».

L’attachant portrait que brosse Michel Séonnet d’Ambroise Ficheux montre bien à quel point la spiritualité devient une ressource intérieure puissante lorsqu’il faut faire face à l’indicible et à l’insupportable. « En ce sens, Ambroise peut être une aide pour ceux qui souffrent car il a parcouru le chemin et su garder la foi, quelles que soient les circonstances. C’est un compagnon de route », résume Michel Séonnet.

Confronté lui-même deux ans plus tôt au cancer et à la mort, à travers l’expérience de sa femme Monique à qui il a consacré son dernier livre (1), Michel Séonnet reconnaît qu’il ne se serait pas lancé dans l’écriture de cet ouvrage s’il n’avait pas été personnellement concerné par l’épreuve du cancer. Sans jamais avoir rencontré Ambroise, il réussit à le rendre proche de nous. «L’existence terrestre de ce garçon a été courte mais derrière ce titre, « Une vie de Quinze ans », je voulais traduire la plénitude de sa vie », conclut l’auteur.

Nathalie Ferron

(1) Michel Séonnet : « Une vie de quinze ans », éditions DDB, 2012.

Dernier ouvrage paru : « Un peu de toi », éditions L’Amourier, 2012.

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