Un écrivain à la rencontre des malades | la maison du cancer

0

L’association Choix Vital vient de publier un recueil de témoignages de malades, « Le cancer maux à mots ». L’écrivain, poète, Anne de Commines a interviewé quatorze hommes et femmes qui lui ont livré avec sincérité et profondeur leur combat contre le cancer. Elle nous parle de cette expérience.

anne_de_commines1lmc_article-2224843 

LMC : Comment vous êtes-vous retrouvée dans une telle aventure ?

J’ai été contactée par l’association Choix Vital (organisatrice de groupes de parole) pour intervenir au titre de conférencière sur mes ateliers d’écriture de l’époque. J’ai alors croisé son président, le Dr Claude-Alain Planchon qui souhaitait depuis longtemps réaliser un livre où les membres de l’association pourraient s’exprimer. Je suis donc allée à leur rencontre, puis j’ai écrit, travaillé à partir de ces longs entretiens en respectant la manière de s’exprimer de chacun. Chaque chapitre est ainsi très personnel, vivant, différent.

LMC : Qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

Tous m’ont confié avec force leur volonté de grandir et de transformer leur vie face à la maladie. Aucun n’était dans la complainte mais dans une approche la plus positive possible de cette terrible épreuve. Ils vont tous chercher au plus profond d’eux-mêmes des ressources et une puissance de vie. Cette foi en eux-même, ce courage, c’en était presque contagieux ! Et puis, certains m’ont vraiment touché. Par exemple, cet homme sorti des camps, qui s’est plongé dans l’art, la lecture, le rire aussi comme autant de leçons de survie. Cette femme de même qui m’a montré les photos de son corps, de ses seins mutilés. En acceptant de se faire photographier, m’a-t-elle raconté, elle a pu ainsi se réapproprier sa féminité.

LMC : Qu’est ce que les témoins et vous-même avez-vous retiré de cette aventure ?

Beaucoup de malades m’ont dit que cela avait eu un effet thérapeutique. Le fait d’avoir pu exprimer ce parcours de vie a été important pour eux. Je pense notamment à ce malade qui a enfin pu dire ce qu’il vivait alors que son conjoint était dans le déni total de sa maladie. Quant à moi, j’en suis sortie grandie car j’ai été nourrie par cette profondeur, cette sincérité et cette grande proximité avec ceux qui parlaient avec leur cœur.

Propos recueillis par Anne-Laurence Fitère

Le Cancer maux à mots, Editions J.Lyon