Les aides à domicile: un soutien à ne pas négliger | la maison du cancer

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Absents pour cause d’hospitalisation, fatigués par des traitements lourds, les malades du cancer ne peuvent pas toujours assurer les tâches de la vie quotidienne. Or tout le monde ne dispose pas d’une mamie attentionnée  ou d’une bande d’amis disponibles. Que faire?On ne le sait pas toujours, mais les malades peuvent bénéficier de quelques aides qui peuvent s’avérer précieuses. A condition de s’y retrouver dans les méandres administratifs…

Comment s’occuper d’une maison, faire les courses, la cuisine, le ménage, aller chercher les enfants à l’école, les surveiller pendant leurs devoirs, accomplir les gestes les plus simples de la vie de tous les jours quand les hospitalisations et les traitements épuisants se succèdent? Embaucher une aide à domicile peut sembler un rêve lointain, surtout quand les revenus du foyer baissent en raison d’arrêts maladie prolongés. Pourtant, des solutions existent. Problème: la plupart du temps, les patients ne sont pas au courant. Tine, jeune femme de 21 ans, et son mari se retrouvent dans une situation difficile suite aux chimiothérapies prescrites pour une maladie de Hodgkin. A l’époque, le jeune couple ignore qu’il peut se faire aider.  « A l’hôpital, le personnel est débordé et personne ne pense à vous proposer du soutien pour le retour à la maison » remarque la jeune femme. C’est la fatigue accumulée des traitements qui la poussera finalement à entamer ses recherches.

Du côté des fonds privés, on n’y pense pas toujours, mais il est important de contacter les mutuelles, les assurances (multirisque habitation ou assurance vie), les comités d’entreprise ou même les banques qui selon les contrats peuvent prendre en charge une aide pendant une hospitalisation ou lors du retour à la maison.
Pour les aides publiques, même si la démarche est inhabituelle et paraît difficile, il est indispensable de contacter une assistante sociale. « Nous ne faisons pas d’assistanat, au sens négatif du terme : nous avons une véritable mission de conseil et d’accompagnement auprès des personnes en difficultés » précise Katia Gauthier, responsable adjoint du Service Social régional de la CRAMIF (Caisse Régionale d’Assurance Maladie d’Ile de France). Des services sociaux existent  partout : dans les hôpitaux, mais aussi les mairies (CCAS centres communaux d’action sociale), les centres de sécurité sociale  ou les caisses d’allocations familiales (CAF). Il ne faut pas les négliger car ce sont les seuls à même d’aider les néophytes à sortir de ce qui va s’avérer être un véritable labyrinthe administratif. Avant tout, il est important de déterminer précisément quelle aide est nécessaire : entretien de la maison, aide aux devoirs, baby-sitting, soins pour le malade? Il faut savoir que l’on distingue différents métiers qui sont tous extrêmement règlementés : si l’aide ménagère va aider au ménage et au repassage, préparer les repas et faire les courses,  elle n’est pas habilitée à prodiguer des soins au patient et ne s’occupera pas des enfants. En cas de besoin de soutien pour les actes de la vie quotidienne il faudra faire appel à une auxiliaire de vie qui peut habiller le malade, faire sa toilette et l’aider à prendre ses repas. Par contre, pour s’occuper des enfants, il faudra embaucher une technicienne de l’intervention sociale et familiale (TISF) qui peut également aider à l’entretien courant de la maison. Enfin pour avoir une présence la nuit, il faudra envisager l’aide d’une garde à domicile. De quoi en perdre son latin !

Une fois les besoins déterminés, la question financière se pose. L’assistante sociale va déterminer les revenus du malade ou de sa famille et monter un dossier qu’elle présentera à différents organismes. Attention : les aides financières publiques, tout comme celles des associations, sont soumises au calcul du quotient familial. Autrement dit, elles sont déterminées en fonction des revenus.

De plus, des disparités énormes existent en fonction des départements et c’est là que le bât blesse. Le montant des fonds alloués par les conseils généraux aux organismes de  sécurité sociale pour ces prestations dites extralégales sont très disparates. Les plus généreux peuvent octroyer jusqu’à 50 heures d’aide à domicile, renouvelables en fonction de l’évolution de l’état de santé des personnes.

Du côté des associations, la Ligue par l’intermédiaire de ses comités ou Horizon cancer sont présentes sur tout le territoire et disposent elles aussi de sommes destinées à ces situations d’urgence. Les montants sont variables mais peuvent aller jusqu’à 600 euros par famille et par an.

Une somme qui permet de se faire seconder pendant les traitements et de souffler un peu, ce qui n’est ni un luxe ni un détail. Beaucoup de malades ne savent pas hélas ce à quoi ils ont droit et sont découragés par des démarches fastidieuses. Une situation et des mentalités qu’il faut changer d’urgence. 

Pour en savoir plus : UNA Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles

Catherine Cerisey

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