Pension d'invalidité: mal foutue! | la maison du cancer

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Vous êtes malade chronique et à ce titre, vous pouvez prétendre à une pension d’invalidité. Alors accrochez vous car vous allez entrer dans un vrai maquis administratif. Les chiffres donnés sont souvent contradictoires d’une source à l’autre. Enfin, sachez que le système est loin d’être parfait. Si vous voulez compléter votre indemnité en gagnant quelques euros en plus, vous aurez vite fait… de perdre votre pension.

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Qui se plaindrait d’un pays qui verse une allocation aux malades chroniques ? La France, bonne fille, verse une pension aux personnes qui ne sont plus capables de travailler à plein régime. Oui mais… le système est loin d’être parfait. Car il est, entre autre, d’une belle complexité ! Allez à la pêche et vous verrez que les informations recueillies divergent d’une source à l’autre.

Après un arrêt maladie de longue durée (un an pour ma part), vous êtes convoqué par le médecin de la Sécurité Sociale. Il décide alors de vous faire passer (ou non) en invalidité. Pour calculer votre pension, l’Assurance Maladie prend en compte votre salaire annuel moyen à partir des dix meilleures années d’activité. Mais la pension reversée est plafonnée et dépend de la catégorie d’invalidité décidée par le médecin. Vous aurez donc droit à une pension allant d’un minimum de 262 euros par mois à un maximum de 1 429 (ou 2449 euros si vous êtes en catégorie 3 et que vous avez besoin de l’aide d’un tiers).

Imaginons que vous vous inscriviez dans la catégorie 2. Votre « fatigabilité » est incontestable mais pour autant, il peut vous rester quelques « neurones » et donc des compétences professionnelles à revendre. Vous pouvez donc imaginer que pour maintenir peu ou prou votre ancien niveau de vie, vous allez avoir – même en décousu- une activité professionnelle.

Oui mais voilà. Si vous êtes marié, la pension d’invalidité 2 ajoutée à vos revenus occasionnels, après un trimestre entier d’activité, ne doivent pas dépasser 8 622 euros. Enfin, si j’ai bien tout compris.Car mon informateur à la Caisse Régionale de l’Assurance Maladie avait, quant à lui, évoqué un plafond ANNUEL de 8 537 euros… Alors que sur le site de la Sécu, il est question de TRIMESTRE. Allez vous y retrouver ! Quelle pagaille ! Bref, je retiens qu’une fois le plafond dépassé, la pension est suspendue… Que ce dépassement soit de quelques dizaines ou centaines d’euros.

J’en déduis donc que ce système encourage à ne pas travailler un tant soit peu et à se contenter de la pension, aussi modeste soit-elle. Ne faudrait-il pas imaginer un système de cumul plus souple et plus progressif pour encourager les malades chroniques à garder un pied dans la vie professionnelle ? A cela on vous répond : si vous voulez vous sentir utile, faites du bénévolat ! Très bien, et si je veux payer mon loyer et assurer financièrement l’éducation de mes enfants entre autre chose ? Nous répondrez-vous… travaillez donc au noir ?!

Anouchka

Pour en savoir plus, le site des malades chroniques, Chroniques associes

et le site de la sécurité sociale

A lire, à voir:

“Pension d’invalidité, travail, logement: les difficultés de l’après-cancer”

“Jeune malade: les galères financières”

“Peut-on être licencié au bout de six mois d’arrêt maladie?”

“Avoir 20 ans… et un cancer: témoignage”

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