Comment réintégrer les salariés malades dans l'entreprise | la maison du cancer

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Rares sont les entreprises françaises qui se sont données les moyens d’agir contre le cancer, alors même que celui-ci touche leurs salariés. Malades, ceux-ci sont souvent mis « hors circuit ». Chez Electricité de Strasbourg, un plan d’action initié il y a deux ans vise à lutter contre le cancer en amont par des mesures de prévention, mais aussi à faciliter la réintégration des personnes concernées, et à « développer une culture en santé » chez tous les salariés.

L’initiative vient du docteur Renée Kieffer, médecin du travail dans l’entreprise. Fin janvier 2006, elle répond à une enquête de la Ligue contre le cancer sur le thème : « Question cancer : où en est votre entreprise ? » Elle est alors contactée par le comité du Bas-Rhin. L’idée d’un plan d’action émerge et est formalisée en 2007 dans le cadre d’une convention entre l’entreprise et l’association.

Parmi les mesures prises, une large part est accordée à la prévention : intervention d’une diététicienne, consultations d’un médecin tabacologue et d’un dermatologue. Une plaquette sur les services gratuits pour les malades et leurs proches est éditée à plus de 1000 exemplaires. Le retour au travail de salariés malades fait également l’objet d’une attention particulière.

Julie Sahy, conseillère clientèle atteinte d’un cancer du sein en 2006 le reconnaît : elle a été « chouchoutée » par ses collègues et par sa hiérarchie. Pendant ses traitements, elle est restée en contact avec l’entreprise et a pu participer aux repas de services. En octobre 2008, elle a repris son poste en mi-temps thérapeutique, d’abord le matin pendant cinq jours, puis à temps plein deux jours et demi par semaine.  « Cela me permettait de voir si je tenais le rythme », explique-t-elle. Au moment de sa réintégration dans l’entreprise, elle a travaillé en binôme avec une autre conseillère pour lui permettre de reprendre pied dans un univers quitté deux ans auparavant. « J’avais besoin de revenir au travail : la maison, ce n’est pas mon truc », poursuit cette jeune mère de deux enfants.

Depuis, elle a été nommée à un nouveau poste.  « Je n’ai pas l’impression d’avoir changé à cause de mon cancer », affirme-t-elle. Son parcours professionnel n’a en tout cas pas été mis en péril par sa maladie. Un fait plutôt rare dans les entreprises françaises. « Nous n’avons rien fait de neuf : nous nous contentons de mettre en œuvre ce qui existe déjà », glisse modestement le docteur Kieffer. Avant d’ajouter : « La réglementation est bien faite. Le tout est d’afficher la volonté de l’utiliser. »

Electricité de Strasbourg

  • gestionnaire de réseaux de distribution électrique
  • Fournisseur d’énergie et de services à 446.000 clients
  • 1100 salariés
  • Chiffre d’affaires (2007) : 493,8 M€.

Claire Aubé

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