Environnement et santé : déjà des actions au niveau local ! | la maison du cancer

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La prise en compte des facteurs environnementaux dans la hausse des cancers est encore trop frileuse. Face à l’inertie nationale, certains se mobilisent en modifiant à leur échelle, et au niveau local, ce qui peut l’être. Des initiatives collectées dans un guide : « Notre environnement, c’est notre santé ». Encourageant.

         Une alimentation industrielle trop grasse, trop sucrée et trop salée, un mode de vie de plus en  plus sédentarisé… Tous ces facteurs sont depuis longtemps pointés du doigt dans la progression des maladies chroniques, dont le cancer.  A ceux-là, il faut ajouter la pollution chimique à laquelle nous sommes confrontés dès notre plus jeune âge, comme les perturbateurs endocriniens, qui bouleversent le fonctionnement du système hormonal.

Mais la prise en compte de ces facteurs environnementaux dans la hausse des cancers est encore beaucoup trop frileuse selon certains (voir notre interview d’André Cicolella). Face au manque d’action nationale, ils sont de plus en plus nombreux à agir au niveau local pour plus de prévention. Ces exemples sont collectés au sein d’un ouvrage intitulé « Notre environnement, c’est notre santé », publié par le Cédis, un organisme de formation pour les élus locaux et le Réseau environnement santé.

–  Des repas 100 % bio à Mouans-Sartoux

Trop cher ou trop compliqué à approvisionner… la mise en place de repas bios dans les cantines scolaires rencontre encore nombre de détracteurs. C’est pourtant une réalité dans la ville de Mouans-Sartoux (06), qui est peut-être la première ville de plus de 10 000 habitants à offrir une restauration scolaire 100 % bio à ses écoliers. Le maire, André Aschiéri, en a fait une priorité tant il est convaincu de l’impact de l’alimentation sur la santé.

Les services de la commune ont travaillé avec imagination pour que ce développement de la part du bio se fasse tout en maitrisant les dépenses. En pratique, les prix sont fixés en fonction du quotient familial. Chaque repas, assorti de 2 heures au centre de loisirs, coûte aux familles entre 2 et 5,30 euros.

Ce résultat encourageant s’est fait autour de la diminution de 75% des restes alimentaires, d’une optimisation de la gestion de l’économat, de la disparition des emballages à la portion, d’une cuisson dernière minute et d’un accompagnement éducatif des enfants.

http://www.mouans-sartoux.net

–  Une charte de téléphonie mobile à Nantes

Elles hérissent les toits de nos villes et les nerfs des riverains : les antennes de téléphonie mobile focalisent les peurs en matière de santé publique. Sans que le débat soit scientifiquement tranché.

Depuis juin 2005, la Ville de Nantes a signé avec les principaux opérateurs de téléphonie une Charte relative aux stations de téléphonie cellulaire en se basant sur le principe de précaution.

Une première charte signée en 2002 obligeait les opérateurs à communiquer à la collectivité toutes les informations relatives aux antennes-relais existantes ou futures, et à veiller à ce que l’orientation de ces antennes n’atteigne pas les sites sensibles (écoles, crèches, maisons de retraite, hôpitaux) situés à moins de 100 mètres.

Annuellement, 15 mesures du champ électromagnétique sont effectuées aux frais des opérateurs dans des sites choisis par la ville.

http://www.nantes.fr/pid/83

–  Opération Terre saine en Poitou-Charentes

L’objectif de la Charte Terre saine en Poitou-Charentes est d’inviter les collectivités à participer à la préservation d’un environnement sain dans la région. En 2008, une enquête régionale sur l’utilisation des pesticides en Poitou-Charentes a montré que la quasi-totalité des communes utilisait ces produits tout en souhaitant fortement diminuer leur usage.

L’objectif de la Charte, pilotée dans le cadre du Plan Régional de Réduction des Pesticides, est d’inviter les collectivités locales à réduire puis supprimer les pesticides de la conception à la gestion des espaces publics : espaces verts, bords de routes, trottoirs, abords des bâtiments, terrains de sports, et même dans les cimetières !

Pour cela, un label « Terre saine » a été mis en place, ainsi qu’un centre de ressources régional sur les techniques et outils alternatifs aux pesticides. Mais avant tout, la charte  a permis d’impulser une dynamique d’échanges sur cette thématique entre les collectivités. En novembre 2012, plus de 220 communes ont signé la charte dans la région.

http://www.terresaine-poitou-charentes.fr/

Le guide propose encore de nombreux exemples mis en place par des collectivités, des villes, des associations et montre de façon très concrète comment les élus et citoyens peuvent se saisir de cette question. En exerçant une veille permanente et en mettant en place des actions modestes mais efficaces. « Leur rôle est fondamental pour la prévention, insiste André Cicollela, porte-parole de Réseau environnement santé. Leur implication doit être encore plus importante ».

Cécile Cailliez

Pour en savoir plus : 

« Notre environnement, c’est notre santé », de André Cicolella et Françoise Bousson (ed Le passager clandestin)