Un jardin pas comme les autres | la maison du cancer

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Imaginé par le Dr Meijer, chercheur au CNRS, le premier jardin des plantes à thématique « cancer » sera inauguré en 2012 à Saint-Pol de Léon, en Bretagne. Il regroupera plus de 200 végétaux ayant un effet anticancéreux ou, au contraire, toxique. Une occasion, en se promenant, d’en savoir plus sur la pharmacopée actuelle. 

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Le premier jardin des  plantes en lien avec le cancer verra le jour en 2012. Il sera aménagé dans le parc municipal de Keraudren, à Saint-Pol de Léon, petite commune du Finistère. Professeur de biologie cellulaire à l’université de Rennes, Véronique Catros a tout de suite été enthousiasmée par cette initiative : «révéler au grand public les atouts des plantes dans le traitement et la prévention du cancer est un projet inédit et passionnant », précise t-elle. Une démarche ambitieuse autour de laquelle s’est regroupée une cohorte de scientifiques. 

Saviez-vous  que les aiguilles de l’if européen interviennent dans la composition du taxotère, chimio utilisée dans le traitement du cancer du sein ? De même, la pervenche de Madagascar a des vertus anticancéreuses reconnues depuis de nombreuses années et a permis la création de plusieurs médicaments utilisés contre la leucémie ou le lymphome. « Les plantes recensées dans ce jardin sont celles qui permettent de concevoir des molécules et des médicaments à partir de l’extraction de leur principe actif », précise la biologiste. Il n’est donc pas question ici de faire croire à des remèdes végétaux « miracle » à base de tisanes ou de décoctions. Chaque plante qui aura été retenue sur des critères scientifiques reconnus fera l’objet d’une présentation détaillée. On y trouvera aussi des explications scientifiques qui permettront d’appréhender, par exemple, les différentes étapes du processus allant de l’extraction d’une plante à la fabrication d’une molécule. « Transmettre notre savoir, alerter et sensibiliser le grand public, tels sont nos objectifs », résume Véronique Catros. 

Une promenade sensorielle et thématique

Le jardin sera aménagé en différentes aires en fonction des propriétés des végétaux. Une partie recensera les plantes utilisées dans les traitements anticancéreux ou comme adjuvants (protecteurs, antioxydants ou anti-nauséeux) et celles qui, au contraire, favorisent l’apparition des cancers (comme le tabac, par exemple). Une aire sera dédiée aux plantes en cours d’étude. Enfin, une partie du jardin présentera les plantes alimentaires dont la consommation protège de l’apparition des cancers. Le thé vert, dont les propriétés préventives sont souvent vantées, y aura sa place. Mais celles qui n’ont pour le moment que des effets supposés ne seront pas recensées. « Nous sommes très attentifs à sélectionner des plantes dont les effets sont scientifiquement démontrés. En l’état actuel des connaissances, les espèces végétales qui ont fait la preuve de leurs propriétés préventives ne sont pour l’instant pas très nombreuses », reconnaît la chercheuse.

Au total, plus de 200 plantes seront répertoriées sur ce site naturel disposant de près de 25OO m2 mis à la disposition de l’association par la municipalité.

Le Jardin des Plantes Anticancéreuses servira aussi d’accueil pour des expositions photographiques temporaires et thématiques autour de la nature, de l’environnement et, bien sûr, de la médecine. 

Nathalie FERRON

 Photo : JPAC

Le site du JPAC

Si ce projet vous intéresse, vous pouvez participer en adhérant à l’association qui travaille conjointement à la mise en place d’un concept similaire de jardin des plantes dans d’autres pays jumelés.