Jardiner sans pesticides | la maison du cancer

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Quand on a la chance d’avoir un jardin, on ne peut que s ’ interroger sur l’ utilisation des pesticides, qui inquiètent quant aux risques qu’ils représentent pour la santé. Parmi les objectifs du Grenelle de l’environnement, on envisage de réduire de moitié leur usage d’ici à 2018. Et si l’on commençait déjà dans son propre pré-carré? Astuces et solutions alternatives.

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Contrairement à une idée reçue, l’exposition aux pesticides ne concerne pas que les agriculteurs. En France, les jardiniers amateurs, utilisateurs de désherbants, insecticides et autres fongicides, seraient responsables d’un quart de la pollution des eaux par les pesticides. Avec au passage des conséquences non négligeables sur leur santé. « Chez les enfants, certaines études ont montré une augmentation du risque de leucémies ou de tumeurs cérébrales en lien avec l’utilisation de pesticides par les parents à la maison ou au jardin, en particulier pendant la grossesse ou la petite enfance », peut-on lire sur le site de l’Institut national de veille sanitaire.

Selon une étude sociologique sur l’utilisation de pesticides dans les jardins urbains privés (1), l’usage alimentaire du jardin constitue une motivation forte pour être plus précautionneux en la matière. Surdosage de produit, protection insuffisante lors de l’application, ce sont les plus gros utilisateurs – à savoir les hommes de plus de 55 ans, peu sensibles au message de prévention des fabricants – qui s’exposent aux pratiques les plus risquées. Les jardiniers de 26 à 45 ans et les femmes privilégient en revanche les solutions alternatives.

Prévenir plutôt que guérir

Lorsque l’on jardine bio, la consigne est de prévenir plutôt que de guérir. Les plantes ont de meilleures défenses avec des apports réguliers de fertilisants en période de croissance : engrais organiques, compost ou fumier. De même, la pulvérisation ponctuelle de macérations (purin d’ortie, prêle ou fougère) stimule leurs défenses naturelles. Ces préparations se trouvent désormais en jardinerie, tout comme les traitements naturels contre les maladies ou les parasites utilisables en bio. Cela ne signifie certes pas qu’ils sont sans danger, mais ils se biodégradent rapidement dans l’environnement. Parmi eux, on citera :

–       la poudre de pyrèthre : contre les acariens, aleurodes, doryphores, pucerons…

–       le savon noir (ou savon mou) : pucerons, cochenilles, aleurodes

–       le soufre : oïdium, tavelure

–        la bouillie bordelaise : mildiou, rouille

–       les insecticides à base de bacille de Thuringe (BT) : chenilles de piérides et de noctuelles

–       le feramol contre les limaces

La lutte biologique consiste quant à elle à utiliser des insectes dits « auxiliaires » comme les coccinelles, les chrysopes, dévoreuses de pucerons, ou le syrphe, amateur de cochenilles. Pour les accueillir, une bonne biodiversité s’impose dans votre havre de verdure.

Désherbez…. à la main ! 

En matière de désherbage, peu de possibilités hormis l’huile de coude, malheureusement ! La méthode la plus naturelle est de retirer les mauvaises herbes à la main, après une petite pluie. Pratique pour les plantes très enracinées (pissenlit, chardon…), la gouge s’utilise accroupi. Un conseil, n’attendez pas que les « mauvaises herbes » montent en graines pour les supprimer et ne les jetez pas sur le compost. Sur les dallages, versez de l’eau bouillante ou utilisez un désherbeur thermique (un brûleur à flamme raccordé à une petite bouteille de gaz).

Autre méthode, le paillage, qui limite la pousse des plantes spontanées au pied des cultures : étalez de la paille, des feuilles mortes ou autre paillis naturel. Pour les talus, les bordures d’allées, mettez en place des plantes couvre-sol (petite pervenche, lierre sauvage…). 

Si vos efforts sont restés vains et que vous devez avoir recours aux produits chimiques, ne les utilisez que s’ils comportent la mention

« emploi autorisé dans les jardins ». Privilégiez les produits sans symboles de risque. Respectez la dose et ne mélangez pas les produits. Protégez-vous autant que possible (bottes, gants en nitrile, lunettes).

Catherine Levesque

(1) : Travaux conduits par le Cemagref et l’université de Toulouse au sein du projet Phytoville.