Epauler les enfants qui ont un parent malade | la maison du cancer

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Quand le cancer frappe, il bouleverse toute une famille. Pour mieux soutenir les enfants dont l’un des parents est malade, l’Institut de cancérologie et d’hématologie (ICH) du CHU de Brest organise « Les mercredis d’Oscar », des séances de parole destinées aux plus jeunes. Objectif : stimuler la communication intra-familiale.

«  Comment ça s’attrape ?», « Est-ce que c’est contagieux ? », « Pourquoi les médicaments font perdre les cheveux ?», telles sont les questions les plus fréquemment posées lors « des Mercredis d’Oscar ». Les auteurs de ces interrogations sont jeunes, ils ont entre 4 et 12 ans, et ont tous leur papa ou leur maman aux prises avec la maladie. «A un moment, nous nous sommes rendus compte que les enfants de parents malades n’étaient pas pris en charge assez rapidement, suite à l’annonce faite à leur mère ou à leur père, explique Annaïck Cariou, psychologue en cancérologie. Nous les voyions trop souvent  en consultation individuelle à un stade avancé de la maladie. Une erreur car, dans l’inconnu total qui les assaille, beaucoup de ces jeunes avaient eu le temps de s’imaginer des faits bien plus terribles que la réalité. Il fallait  réfléchir à une manière de les rencontrer plus vite, et collectivement, en complément des entretiens individuels ». Ainsi sont donc nés, il y a trois ans, « Les mercredis d’Oscar », un rendez-vous encadré par un médecin et un psychologue, pour aider les plus jeunes, indirectement touchés par la maladie, à comprendre la situation. Pourquoi leur quotidien a changé, et ce qui va éventuellement se passer sont parmi les thèmes évoqués.

Informer sur le cancer

 « Attention ce ne sont pas des groupes thérapeutiques. Nous ne suivons pas les enfants dans la durée. Nous les rencontrons simplement pendant deux séances de deux heures chacune, à 15 jours d’intervalle, que nous regroupons sus le terme de « session »,ajoute Annaïck Cariou ». Deux types de sessions sont proposés. Le premier est axé sur les cancers d’organes, et donc autour des tumeurs dites « solides ». L’autre traite des cancers du sang, et des tumeurs dites « molles ». Mais dans les deux cas, chaque première séance propose d’échanger autour d’un support, un film racontant l’histoire d’un enfant dont la maman est malade en cancérologie, une bande dessinée présentant les cancers du sang en hématologie. « Nous créons une interaction entre ces outils et le vécu, les émotions exprimées par les enfants. Puis travaillons à partir de la représentation qu’ils ont du cancer, de ses traitements pour rectifier, expliquer, dédramatiser », ajoute Sylvie Mazeaud, psychologue spécialisée en hématologie.

Parents et enfants réunis

« Les mercredis d’Oscar » ont été créés pour les enfants, certes, mais les parents y sont également conviés. L’objectif étant de faciliter le quotidien des uns et des autres, et la communication intra-familiale. « Il nous a semblé évident que les parents devaient être là. Ils sont toutefois placés au deuxième rang, derrière leurs enfants, et jouent surtout le rôle de spectateurs », souligne Annaïck Cariou. L’important reste qu’ils entendent ce qu’ont à dire leurs progénitures, et observent leurs réactions face aux explications. « Les adultes s’aperçoivent que même les plus petits ont les ressources nécessaires pour comprendre la maladie, ses bouleversements, et les intégrer à leur quotidien. Cela les soulage énormément. Le niveau  d’inquiétude baisse de part et d’autre », analyse Sylvie Mazeaud. A la maison, les mots « chimio », « fatigue », « hôpital » cessent alors d’être tabous. Les parents doivent-ils pour autant tout dire à leur enfants ? « Dans tous les cas, se rapprocher au plus près de la réalité, avec des mots simples et adaptés à l’âge de l’enfant, me semble être la meilleure attitude à adopter », conclut Annaïck Cariou.

Céline Roussel