“Les Bagouz' à Manon” : des perles pour la recherche | la maison du cancer

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Pour surmonter l’insurmontable, la perte de sa petite Manon, Anne Herbert crée avec quatre amies l’association “Les Bagouz’à Manon”. Elle fabrique des bijoux et les revend au profit de la recherche contre ce cancer pédiatrique, le neuroblastome. Une jolie et courageuse initiative qui permettra de lever près de 200 000 euros. 

 

Anne Herbert est enceinte de son deuxième enfant lorsqu’elle apprend en 1998 que sa petite fille Manon, alors âgée de trois ans et demi, est atteinte d’un cancer. Pendant quatre années, elle se battra pour lui faire vivre tous ses rêves. Mais le pire arrive et Manon « s’envole » le 08 juillet 2002.  

Un divorce et deux déménagements plus tard, Anne Herbert qui a tout surmonté jusque là, surfe sur internet pour trouver des forums ou des associations susceptibles de l’aider. Cette maman « désenfantée » sait qu’elle doit faire quelque chose de cette douleur, elle le doit à Manon. En contact avec une association d’aide aux enfants atteints de cancer (la Donation Lou Salomé), elle croise le chemin d’un pédiatre et chercheur, le Docteur Olivier Delattre. Ce médecin mène un projet de recherche sur le neuroblastome à l’institut Curie.

Dès lors elle va chercher comment lui apporter sa contribution. En déballant ses cartons, elle retrouve les perles de bois de Manon qui lui servait à fabriquer des bagues pendant les longues journées à l’hôpital. Et l’idée de l’association devient une évidence. Aidée de quatre compagnes d’infortune, elle fabrique des “bagouz” matin, midi et soir. Porte à porte, comité d’entreprises, bouche à oreilles, les cinq femmes se démènent pour vendre leur production. D’abord en bois, en perles puis en cristal, les bijoux de plus en plus sophistiqués s’écoulent par dizaine sur internet, sur les marchés ou lors de manifestations locales. Tant et si bien que six mois plus tard, les Bagouz’ à Manon et la Donation Lou Salomé remettent 10 000 euros à l’équipe du Docteur Olivier Delattre.

Puis, elle continuera sur sa lancée, portée par de multiples soutiens. Cathy, une amie bénévole et une journaliste, Florence Halimi s’occuperont des relations presse. Le prix des femmes version Fémina en 2006 lui sera remis. Le site internet sera hébergé gratuitement par l’association Médicalistes. Plus tard, la marie de Vélizy mettra à sa disposition un local vite transformé en atelier-bureau-salle de réunion. Tous ces coups de pouce et une forte implication personnelle vont permettre de récolter 191 000 euros en 5 ans. Jusqu’à présent, cet argent a permis à l’Institut Curie mais aussi au service d’oncologie pédiatrique de l’Institut Gustave Roussy de financer l’achat de matériels et la création de postes de chargé de recherche.

« A ce stade, la vente des bagues est devenue très compliquée, précise-t-elle, nous avons du mal à honorer les commandes. Il nous faut privilégier l’appel aux dons et la vente sur stock uniquement”. Et Anne Herbert ne manque pas d’idée pour lever des fonds : organisation de galas, de spectacles et de pièces de théâtre. Elle prévoit, également d’élaborer des projets avec d’autres  associations comme les Amis de Claire, l’Etoile de Martin ou Hubert Gouin-Enfance et Cancer.

Les Bagouz’ à Manon, en plus de soutenir efficacement la recherche, ont aidé Anne Herbert à donner un sens à l’insoutenable. Maintenant remariée et maman « enchantée » d’un petit Léo de 11 ans, elle continue à se battre pour les enfants malades. « Je n’ai pas peur d’être heureuse »  conclue-t-elle.

 Catherine Cerisey

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