Sur les écrans, un film sur le cancer de l’enfant | la maison du cancer

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La guerre est déclarée raconte l’histoire de Roméo et Juliette, un couple confronté à la maladie de leur tout jeune fils. Film autobiographique, il décrit le combat contre le cancer comme une aventure qui finit bien et que l’on peut donc raconter avec une nouvelle liberté.

« Avoir un enfant malade renvoie aux questions de vie et de mort. Ce combat nous pousse à nous révéler meilleurs, héroïques », affirme Valérie Donzelli. Comédienne, scénariste et réalisatrice, celle-ci joue dans son dernier film son propre rôle. Celui d’une mère, Juliette, dont le fils de 18 mois, Adam, est atteint d’une forme rare de cancer. Avec Roméo, père de l’enfant incarné par Jérémie Elkaïm, ils vont mener une véritable guerre contre la maladie. « Le film est autobiographique dans le sens où la réalité des faits est très proche de ce que nous avons vécu, précise la réalisatrice, mais n’est pas pour autant une restitution complète de notre histoire » . 

S’interposent en effet sur leur vécu tous les procédés techniques du cinéma, qui « doit être plus joyeux que la vie » :  la bande originale du film par exemple, qui entremêle Vivaldi, Yukesk, Sébastien Tellier et même une séquence de comédie – musicale ; les voix-off ensuite, et le rire, qui transforment parfois le récit en farce tragi-comique. Jérémie Elkaïm, co-scénariste, justifie : « le fait d’avoir vraiment vécu cette histoire nous donnait l’autorisation d’en parler avec toute l’autodérision que l’on désirait. Au départ, on voulait même aller plus loin dans la comédie, mais l’intensité du film s’est imposée ».

Car si ce film tient en haleine ses spectateurs, c’est parce qu’il est construit sur la narration de la maladie : les symptômes, le choc du diagnostic, les angoisses, l’attente, la lourdeur de l’intervention, la longueur de la convalescence… Des phases qu’on aborde cependant sereinement car l’on sait dès le début qu’Adam sera guéri. « Nous ne voulions pas prendre le spectateur en otage jusqu’à l’issue du film », explique la réalisatrice. Les « à côtés » de la maladie sont aussi évoqués : la place et le rôle des amis, de la famille, ou les problèmes d’argent. Roméo et Juliette  revendent notamment leur appartement  pour aller vivre à la Maison des parents de l’Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif.

Et c’est là qu’a été tournée une grande partie du film, avec un appareil photo numérique très léger qui filme en haute définition et permet un tournage discret avec une équipe réduite. « C’était très réparateur de revenir sur ces lieux que nous avions connus en étant cette fois-ci accompagnés, et dans l’action », relève la réalisatrice. Pour Jérémie Elkaïm, « il était satisfaisant de retrouver des situations que l’on avait traversées au cœur du combat mais cette fois-ci avec moins de gravité, la volonté de raconter une histoire sur l’issue de laquelle nous n’avions plus d’incertitude… et une équipe de cinéma. Et puis c’était émouvant de revoir le personnel de ces hôpitaux, tellement formidable, dévoué ».   

 Pour la réalisation du film,  « Nous nous sommes adaptés aux hôpitaux, le plan de tournage changeait tous les jours », raconte la réalisatrice. Dans le film, le personnel de l’hôpital est constitué d’un mélange d’acteurs et de soignants, comme le docteur Kalifa, vrai médecin. « J’avais aussi demandé au Professeur Sainte-Rose, spécialiste de neurochirurgie pédiatrique exceptionnel de charisme, de jouer son propre rôle, mais il m’a dit être très mauvais comédien !, ajoute Valérie Donzelli. Par contre, il m’a prêté sa blouse, son bureau, sa secrétaire ». Et la jeune femme de conclure : « le cinéma ne sert pas exorciser, mais à se débarrasser du mauvais pour garder le bon ». Le bon c’est Adam – Gabriel dans la vraie vie- qui guérit de cette tumeur. Il joue son propre rôle et le film lui est dédié.

Marion Wagner

La guerre est déclarée, avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm

Film français de Valérie Donzelli, 1h40, sortie le 31 août

La guerre est déclarée, le deuxième long-métrage de Valérie Donzelli, a décroché le vendredi 26 août

au Festival du film francophone d’Angoulême, le Valois du meilleur film.